Vers sa destinée

vers sa destinée

Vers sa destinée

Young Mr. Lincoln

John Ford

1939

100 min.

VOST

Le jeune Abraham Lincoln, déjà engagé en politique, ambitionne de faire du droit et finit par s’établir comme avocat à Springfield. Lors de la fête de l'Indépendance, un meurtre est commis. Lincoln s'emploie spontanément à la défense des deux coupables présumés…

 

Un biopic singulier. L’action de Young Mr Lincoln commence en 1832, à New Salem, alors que Lincoln, 23 ans à l’époque, brigue pour la première fois un mandat politique – qu’il perdra, ce que le film ne montre pas. En revanche, le magnétisme et l’éloquence naturelle de Lincoln établissent dans ces premiers plans la stature du personnage, ses manières réservées qui n’excluent pas une sorte de familiarité naturelle avec l’auditoire, son physique austère, ainsi qu’un humour pince-sans-rire qui demeurera l’un des traits distinctifs de ses apparitions publiques[1].

Le film est ainsi parsemé de détails biographiques habilement disséminés dans le récit : l’appétit de connaissances qui éloigne Lincoln de son milieu d’origine et d’une vie de fermier à laquelle il semblait voué ; la perte de son premier amour, Ann Rutledge[2], déterminante dans son orientation vers le droit ; son installation à Springfield, Illinois, en 1837 pour y exercer la profession d’avocat – profession à laquelle il reviendra entre divers mandats politiques ; la rencontre avec Mary Todd, qu’il épousera finalement en 1842.

Avocat et Père de la nation. Young Mr Lincoln n’est ni le premier ni le dernier film consacré durant les années 1930 au plus fameux des « Pères de la nation américaine » : Walter Huston chez Griffith (Abraham Lincoln, 1930) et Raymond Massey chez John Cromwell (Abe Lincoln in Illinois, sorti sur les écrans en avril 1940 et véritable désastre financier[3]) ont composé des Lincoln mémorables. Ford, comme Griffith avant lui, s’attache à déceler l’homme d’état et la figure tutélaire dans le jeune homme qui va s’imposer non seulement en tant qu’avocat, mais aussi comme ultime rempart de la justice (il empêche un lynchage, dans une scène qui évoque le récent Furie de Fritz Lang, 1936) ou comme enquêteur. Henry Fonda, dont le visage a été subtilement maquillé, incarne un individu hors normes plein d’empathie pour les autres, et pourtant habité par une élévation morale – littéralement une vision – qui l’éloignent du commun des mortels. Cette idée, Ford la traduit à merveille dans cette silhouette raide, solitaire, gravissant la colline à la fin du film. En cet instant, Lincoln est déjà projeté dans une autre dimension : « vers sa destinée », comme l’indique le titre français.

 

[1]           On en a plusieurs exemples dans le Lincoln de Steven Spielberg (2012), qu’on pourrait aisément rebaptiser « Old Mr. Lincoln »).

[2]           La jeunesse de Lincoln est marquée par la mort prématurée de sa mère en 1818 (il a 11 ans), de sa sœur aînée Sarah, morte en couches en 1828, et d’Ann Rutledge en 1835. Et trois de ses fils mourront avant l’âge adulte (le plus jeune, Tad, six ans après l’assassinat de Lincoln).

[3]           Young Mr Lincoln sera également, mais dans une moindre proportion, un échec public.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

John Ford

Année

1939

Titre original

Young Mr. Lincoln

Durée

100 minutes

Date Sortie française

Jeudi 17 août 1939

Auteur(s) / Scénario

Lamar Trotti

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Avec Henry Fonda (Abraham Lincoln), Alice Brady (Abigail Clay), Marjorie Weaver (Mary Todd), Donald Meek (John Felder), Ward Bond (John Palmer Cass)…

Direction photographie

Bert Glennon

Montage

Walter Thompson

Couleur

N&B

Distributeur

Park Circus

Son

Eugene Grossman, Roger Heman

Pays

USA

Critiques

 

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