Tess

Affiche Tess

Tess

Roman Polanski

1979

171 min.

VOST

Bande annonce

Ivrogne et miséreux, John Durbeyfield vient d'apprendre qu'il est le descendant direct de la famille des d'Urberville. Envoyée à contre-coeur chez ses nouveaux « cousins », Tess, la fille aînée de John, devient l'employée de la maison. Abusée par Alec, Tess revient chez ses parents pour mettre au monde son enfant…

 

Thomas Hardy, l’imprécateur Comme l’affirme Roman Polanski, « le Tess d'Urberville de Thomas Hardy est l'histoire de l'innocence trahie dans un monde où les comportements humains étaient gouvernés par les barrières de classe et les préjugés sociaux. » La prose corrosive de Thomas Hardy, à travers Tess d’Urberville (1891) ou Jude l’obscur (1896), lui a coûté très cher. Ces deux romans en particulier, ont été fort mal reçus par le public anglais[1] et fustigés en raison de leur noirceur. Tess avait le malheur de s’attacher (et de présenter sous un jour favorable) « une femme perdue ». Et les préjugés d’Angel Clare, l’époux de Tess, incapable de pardonner à celle-ci le viol dont elle a été victime, reflétaient violemment ceux de la société britannique dans son ensemble. Issu d’une famille modeste, contraint d’abandonner les études à l’âge de seize ans[2] malgré ses capacités largement au-dessus de la moyenne, créateur avec le comté de « Wessex » d’un paysage-rêverie fictif où s’ébattent ses créations littéraires, Thomas Hardy brocarde également à travers le personnage d’Alec d’Urberville, une aristocratie qu’il dépeint malfaisante – et tenant les rênes d’une révolution industrielle que l’auteur assimilait ni plus ni moins à « l’enfer ».

Trop tard. Tess, le film, est quant à lui une aventure merveilleuse qui s’est muée en cauchemar. Merveilleuse en raison de l’adéquation totale du cinéaste avec son matériau. Lui-même technicien brillant, Roman Polanski s’est toujours entouré d’équipes à la légendaire compétence. Mais Tess est de ce point de vue un all-star cast : Geoffrey Unsworth (2001, l’odyssée de l’espace, Cabaret) à la photographie, Pierre Guffroy (La Mariée était en noir, Le Locataire) aux décors, Anthony Powell (Papillon, Sorcerer) aux costumes, Philippe Sarde (Les Choses de la vie, Le Juge et l’Assassin) à la musique, sans compter l’étoile montante Nastassia Kinski qui trouve ici le rôle de sa vie… Tess est aussi porté à bout de bras par un producteur flamboyant, Claude Berri, qui va prendre des risques insensés pour que le film voie le jour[3]… Pendant neuf mois, d’août 1978 à avril 1979, une équipe soudée et enthousiaste fait face aux épreuves : les grèves à répétition de la SFP, le temps capricieux, la mort tragique de Geoffrey Unsworth. Le montage et le mixage (Tess est le premier film français à bénéficier du Dolby Stéréo) se transforment en contre la montre. La sortie du film laisse un sentiment mitigé. À Polanski, qui n’a pas pu peaufiner le montage comme il le souhaitait, à Claude Berri, qui trouve le film trop long et ne parvient pas, pendant plus d’un an, à le vendre aux États-Unis. Pourtant, Tess sera sur la durée un vrai succès commercial, et finira couvert de récompenses. Mais pour Roman Polanski ce projet, dans lequel il s’était engagé corps et âme, aura longtemps le goût de l’amertume.

 

[1]           Le premier, paru d’abord en feuilleton, a d’ailleurs été partiellement censuré.

[2]           On le dirige néanmoins vers la profession d’architecte, qu’il assumera longtemps en parallèle de sa vocation d’écrivain.

[3]           Son budget (12 millions de $) fait alors de Tess le film français le plus onéreux jamais produit…

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Roman Polanski

Année

1979

Durée

171 minutes

Date Sortie française

Mercredi 31 octobre 1979

Auteur(s) / Scénario

Gérard Brach, John Brownjohn, Roman Polanski

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Nastassja Kinski (Tess), Peter Firth (Angel Clare), Leigh Lawson (Alec d’Urberville),  John Collin (John Durbeyfield),  David Markham (le révérend Clare)…

D'après

D'après Thomas Hardy

Direction photographie

Ghislain Cloquet, Geoffrey Unsworth

Montage

Alastair McIntyre, Tom Priestley

Couleur

Couleur

Production

Renn Productions, Timothy Burrill Productions

Distributeur

Pathé

Musique

Philippe Sarde

Son

Jean-Pierre Ruh

Costumes

Anthony Powell

Décors

Pierre Guffroy, Jack Stephens

Producteur(trice)

Claude Berri

Pays

Grande-Bretagne France

Critiques

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