Louise Michel, la rebelle

"Louise Michel" de Solveig Anspach

Louise Michel, la rebelle

Sólveig Anspach

2010

90 min.

VF

Fin 1873, Louise Michel débarque en Nouvelle-Calédonie avec quelques autres Communards, dont le polémiste Rochefort et Nathalie Lemel, son amie. Refusant que les femmes bénéficient d’un régime de faveur, elle vit parmi les autres hommes déportés et entretient une correspondance avec Victor Hugo et Georges Clémenceau…

Lorsquelle débarque en Nouvelle-Calédonie le 8 décembre 1873, déportée dans un bagne quelle ne quittera que sept ans plus tard, Louise Michel a 43 ans et déjà toute une vie de militante derrière elle. Son engagement premier a été pour l’école. Parce quelle a refusé de prêter serment àNapoléon III, elle est institutrice dans des écoles dites « libres », non dépendantes du pouvoir, dans lesquelles elle met en pratique les principes d’égalité qui la guideront toute sa vie : à commencer par un accès à la connaissance qui ne fait pas de distinction entre filles et garçons[1]. Montée à Paris pour enseigner au milieu des années 1850, elle est en première ligne dans les évènements dramatiques suivant la défaite de 1870 et qui vont mener à la Commune de Paris, promulguée le 26 mars 1871. Entretemps, alors présidente du Comité de vigilance des femmes de Montmartre, elle sest mobilisée durant le siège de Paris, organisant avec son ami Clemenceau une cantine pour les enfants pauvres. Après larmistice et la défaite législative des députés favorables à la poursuite de la lutte, elle est de ceux qui refusent de rendre les canons de la garde nationale sur ordre dAdolphe Thiers. Linsurrection qui sen suit et la proclamation de la Commune la voient participer activement aux combats avant de se constituer prisonnière pour faire libérer sa mère, détenue par les Versaillais. Alors quelle revendique d’être exécutée lors de son procès, à limage des nombreux camarades quelle a vu tomber, elle est finalement condamnée à la déportation : fusiller une femme serait « mal vu ». 

Ce nest pourtant pas, loin de là, la fin des engagements de Louise Michel. Comme le montre Solveig Anspach dans son film, elle épouse durant son exil en Nouvelle-Calédonie la cause canaque. Après son retour dans lHexagone en 1880, gagnée aux idées anarchistes, elle poursuivra une infatigable activité de militante qui lexpose à la violence[2]et à dautres séjours en prison. Ses funérailles le 21 janvier 1905, suivie par une foule massive, témoignent de sa popularité intacte. 

« Tourné en Nouvelle-Calédonie, le film [de Solveig Anspach] se laisse envahir par son décor, une contamination volontaire qui bouscule les passages obligés de la fiction historique. Au cœur de cet ailleurs chargé d’étrangeté, Sylvie Testud, fluet colosse, impose une Louise tout en ardeur, ce douloureux désir de vivre. » – Le Nouvel Observateur

 

 

 

[1]                     Pour les éléments biographiques de ce texte, cf. deux synthèses-portraits de Louise Michel signésRebellyon.info(« Louise Michel, une vie d’honnêteté », 9 janvier 2021, https://rebellyon.info/Louise-Michel-une-vie-d-honnetete) et Libération(Laurent Joffrin, « Louise Michel, comme une rouge », 9 août 2019, https://www.liberation.fr/france/2019/08/09/louise-michel-comme-une-rouge_1744604). 

[2]                     Elle est victime d’un attentat : une balle restera fichée dans son crâne.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Sólveig Anspach

Année

2010

Durée

90 minutes

Date Sortie française

Mercredi 7 avril 2010

Auteur(s) / Scénario

Sólveig Anspach, Jean-Luc Gaget

Détails

Interprètes

Sylvie Testud (Louise Michel), Nathalie Boutefeu (Nathalie Lemel), Alexandre Steiger (Charles Malato), Bernard Blancan (Henri Rochefort), Augustin Watreng (Daoumi)…

D'après

D'après Jacques Kirsner, Michel Ragon

Direction photographie

Isabelle Razavet

Montage

Mathilde Grosjean

Couleur

Couleur

Production

Jem Productions

Distributeur

Hévadis Films

Musique

Martin Wheeler

Son

Éric Boisteau

Costumes

Édith Vesperini

Décors

Jimmy Vansteenkiste

Producteur(trice)

Jacques Kirsner

Pays

France

Critiques