Les Raisins de la colère

Les Raisins de la colère

Les Raisins de la colère

The Grapes of Wrath

John Ford

1940

128 min.

VOSTF

États-Unis, années 30. Après quatre ans de prison, Tom Joad rentre chez lui. Comme tous les métayers de la région, ses parents ont été ruinés, par la sécheresse et la culture industrielle. La famille Joad au complet décide de quitter l’Oklahoma pour la Californie. De camp de transit en bidonville, le chemin vers « le pays du lait et du miel » sera long…

 

Edition 2023 :

« Considéré comme un brûlot politique et écologique, best-seller couronné par le prix Pulitzer en 1940, le roman de John Steinbeck Les Raisins de la colère fait scandale aux États-Unis lors de sa parution en 1939. La tragique histoire de la famille Joad est celle de milliers de petits métayers des Grandes Plaines durant la crise des années 30, victimes de la catastrophe climatique et agricole du Dust Bowl (tempêtes de poussière) qui les chasse de leurs fermes et les pousse vers l’Ouest. Steinbeck les connaît bien, lui qui est allé recueillir leurs témoignages dans les plantations du sud californien. Un an plus tard, John Ford réalise une magnifique adaptation avec Henry Fonda dans le rôle principal. Le récit devient l’épopée universelle des laissés-pour-compte du capitalisme. Mais les héros fordiens refusent de se laisser écraser : Ma, la mère, qui a foi dans le « peuple » ; Tom, le fils aîné, qui se débat au milieu de forces contradictoires qu’il ne comprend pas, mais qui, éclairé pas à pas par Casey, un ancien prédicateur, décide de relever la tête et de se battre pour qu’un jour chacun dans le monde ait la place qui lui revient. Chef-d’œuvre d’humanisme, le film va au-delà du témoignage sur une crise économique et sociale pour aborder des thématiques universelles, comme les souffrances de l’arrachement et les difficultés de l’exil. Ou le problème de la terre : qui la travaille et comment, et à qui appartient-elle ? Ou encore la question des liens sociaux, de l’individualisme à la conscience de classe. Et les images en noir et blanc subliment encore davantage l’intensité des combats engagés. » – Jean-Jacques Issouli, Ciné-dossier du film

 

Edition 2018 :

 

Écrit en 1938, publié en mars 1939, Les Raisins de la colère est le roman à succès d’un auteur de 37 ans, lauréat du prix Pulitzer et fort contesté sur sa droite. Un sénateur de l’Oklahoma définit le texte de Steinbeck comme « a lie, a black, infernal creation of a twisted, distorded mind. » Darryl Zanuck a acquis les droits du livre un mois après sa parution. Organisations corporatistes, chambre d’agriculture de Californie tentent de faire avorter le projet… Zanuck, d’abord ravi de la publicité, finit par imposer le secret jusqu’au tournage, discret, d’un film désigné sous le nom Highway 66. C’est là qu’intervient l’autorité tranquille de John Ford. C’est un libéral, aux convictions plus instinctives que politiques : son respect pour les « petites gens » est le fruit de son expérience – une famille de paysans d’ascendance irlandaise, treize frères et sœurs, la pauvreté contrebalancée par la soif de dignité. Les Raisins de la colère est son 32e long-métrage parlant et l’un de ses quatre films produits en 1939 (après La Chevauchée fantastique, Vers sa destinée, Sur la piste des Mohawks). Ford se définit lui-même comme « un pionnier, fier de l’être, qui tourne des westerns, quel que soit le genre de ses films. » Difficile de soupçonner ce yankee de communisme.
Sorti en janvier 1940, le film obtient un succès public immédiat et un éloge critique dithyrambique. Le film gagne deux Oscars et sera le plus « profitable » de l’année pour la 20th Century Fox. Après la Seconde Guerre mondiale, Les Raisins de la colère s’impose en France avec la même évidence… et les mêmes réserves. Ford, pour critique et lucide qu’il fût, mettait l’amour de son pays et de ceux qui l’ont construit au-dessus des batailles électorales. Il s’est toujours défendu d’avoir fait un film militant : « Ce n’est pas un film social. C’est l’histoire d’une famille… J’aimais l’idée de cette famille qui s’en allait pour essayer de trouver sa place dans le monde. »
Ce que souligne José Clémente dans le Dossier CNC/Contreplongée consacré aux Raisins de la colère : « De nombreux manuels d’histoire du secondaire utilisent des photos tirées du film de Ford pour illustrer la crise de 1929 aux États-Unis. […] Le cas, somme toute marginal, des Oakies a fini, à travers le roman de Steinbeck et le film de John Ford, par prendre force de représentation légitime et majeure de cet ébranlement prodigieux qu’a été la Grande Crise. Il reste que derrière le succès public qui a été immédiatement acquis à ces deux œuvres, toute une société s’est reconnue dans l’odyssée de la famille Joad et a accepté de voir en elle l’image de ce qu’elle avait vécu ou de se projeter dans cette image. La force de l’évocation et le réalisme de la représentation sont pour beaucoup dans cette identification. »

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

John Ford

Année

1940

Titre original

The Grapes of Wrath

Durée

128 minutes

Date Sortie française

Mercredi 31 décembre 1947

Auteur(s) / Scénario

Nunnally Johnson

Format de diffusion

35 mm

Thématiques abordées par le film
Crise de 1929
Détails

Interprètes

Avec Henry Fonda (Tom Joad), Jane Darwell (Ma), John Carradine (Casey), Charley Grapewin (Grampa), Russel Simpson (Pa), Dorris Bowdon (Rosasharn)…

D'après

D'après D’après le roman de John Steinbeck

Direction photographie

Gregg Toland

Montage

Robert L. Simpson

Couleur

N&B

Production

20th Century Fox

Distributeur

Swashbuckler Films

Musique

Alfred Newman

Son

George Leverett, Roger Heman

Pays

Etats-Unis

Critiques

 

Les Raisins de la colère

  • Mercredi 22 novembre 2023 - 18 h 20

  • Cinéma Jean Eustache
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Les Raisins de la colère

  • Dimanche 26 novembre 2023 - 18 h 20

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