Les Misérables

"Les Misérables" de Raymond Bernard

Les Misérables

1. « Tempête sous un crâne » (111 min) ; 2. « Les Thénardier » (84 min) ; 3. « Liberté, liberté chérie » (82 min)

Raymond Bernard

1934

245 min.

Les Misérables

Bande annonce

Un parcours au XIXe siècle. D’après son passeport, J. Valjean est entré au bagne en 1796 à l’âge de 25 ans. Ainsi, né en 1771, il a connu l’Ancien Régime, la Révolution, l’Empire, la Restauration et le début de la Monarchie de Juillet. Toutefois, R. Bernard resserre son scénario sur trois années : 1815, 1823 et 1832.

Nous apprenons peu de choses sur l’époque de la Monarchie Absolue, mais beaucoup plus sur la Restauration. Rien sur les changements politiques, certes, mais nous ressentons le climat social : d’abord, toutes classes dangereusement confondues, au Bal Bombarda, on a envie de s’étourdir et de s’amuser. Ensuite et surtout, nous assistons à la montée en puissance de la bourgeoisie industrielle, incarnée par Valjean/Madeleine, grand patron novateur, bienfaisant mécène grâce à ses usines, maire respecté. Mais dans le même temps, un(e) ouvrier(e) peut être renvoyé(e) du jour au lendemain, telle Fantine. Et apparaît alors la misère absolue.

La troisième partie (« Liberté, Liberté chérie ! ») est plus précise sur le plan historique. On comprend la convergence des oppositions (ouvriers, artisans, étudiants…) contre le nouveau pouvoir, le ressentiment des républicains de s’être fait voler le bénéfice de la révolution de 1830. Le cinéaste montre le point de départ de l’insurrection (l’enterrement du général Lamarque), les barricades, l’échec, la répression. Il est à noter que c’est la seule fois où l’histoire personnelle de J. Valjean croise et rejoint l’Histoire de France.

Une adaptation fidèle. Le film de Raymond Bernard, tourné en noir et blanc en 1933, est de l’avis général la meilleure adaptation à ce jour de l’œuvre de Victor Hugo. C’est aussi le chef d’œuvre du réalisateur. On admirera la reconstitution historique, remarquable d’exactitude : décors intérieurs ou extérieurs, costumes, actions, vie quotidienne… Le film est ainsi un précieux témoignage, pour l’histoire du cinéma, de l’excellence de la production française au début du parlant. Il pose aussi, à l’arrière-plan, la question du scénario : faut-il continuer à adapter des œuvres littéraires comme on le fait à l’époque ? Pour R. Bernard, fils du dramaturge et scénariste Tristan Bernard, la réponse va de soi : adapter, oui – mais à condition d’inventer un nouveau langage cinématographique: cadrages, lumière, bande son…

Or il en a les moyens : bénéficiant d’un très gros budget, il réalise dans de vastes studios à Paris et en Provence une trilogie de 4 heures 30 capable de rivaliser avec le chef d’œuvre épique de la littérature française. Encore faut-il que cette technique et cette créativité ne soient pas de pure forme mais mises au service d’une idée. Images brutales du bagne de Toulon, images fantastiques de Cosette terrorisée la nuit au milieu de la forêt, images spectaculaires de l’insurrection de 1832 : R. Bernard est fidèle au message de Victor Hugo. Les spectateurs de la France en crise du début des années 30 le comprennent bien. Aujourd’hui, le film n’a rien perdu, ni de sa beauté, ni de sa force, ni de son actualité. – Jean-Jacques Issouli

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Raymond Bernard

Année

1934

Durée

245 minutes

Date Sortie française

Vendredi 9 février 1934

Auteur(s) / Scénario

André Lang, Raymond Bernard

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Harry Baur (Jean Valjean), Florelle (Fantine), Charles Vanel (Javert), Henry Krauss (Monseigneur Myriel), Charles Dullin (Thénardier)…

D'après

D'après Victor Hugo

Direction photographie

Jules Kruger

Couleur

N&B

Production

Pathé-Nathan

Distributeur

ADRC/Pathé Distribution

Musique

Arthur Honegger, Maurice Jaubert

Son

Antoine Archimbaud

Décors

Lucien Carré, Jean Perrier

Producteur(trice)

Raymond Borderie

Pays

France

Critiques

 

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