Les Enfants du paradis

"Les Enfants du paradis" de Marcel Carné

Les Enfants du paradis

1re époque : « Le Boulevard du crime » (95 min) ; 2e époque : « L’Homme blanc » (87 min)

Marcel Carné

1945

182 min.

VF

Bande annonce

1827, dans l’univers du théâtre populaire parisien. Deux artistes, Debureau, mime de génie, et Frédérik Lemaître, célèbre tragédien, sont épris de Garance, une jeune femme que convoite également Lacenaire, écrivain public et révolté…

 

Un tournage à rebondissements. La réalisation des Enfants du paradis, tourné en pleine guerre (août 1943 – juin 1944), relève du tour de force. Le film a dû surmonter maints obstacles et sa sortie sur les écrans le 9 mars 1945 relève du miracle – et de l’obstination de Marcel Carné, de ses collaborateurs et de ses comédiens.

Le film cumule les handicaps, dont :
– un tournage à rebondissements entre la Côte d’Azur et Paris, bousculé par le débarquement allié en Sicile (occasionnant une interruption de trois mois) ; les dégâts du décor-phare, le Boulevard du Crime, lors d’une tempête ; le départ en plein tournage du chef-opérateur Roger Hubert (Les Visiteurs du soir, 1942), remplacé au pied levé par un autre grand nom, Philippe Agostini[1] ; le studio Pathé prenant la relève alors que le producteur André Paulvé s’est vu interdire l’exercice de son métier.
– La difficulté de réunir un casting aussi prestigieux que pléthorique sur une longue période. Deux exemples : lié par contrat à la Comédie française, Jean-Louis Barrault, pourtant à l’origine de toute l’affaire, est longtemps incertain ; Robert Le Vigan (il interprète Jericho), antisémite notoire sentant le vent tourner, part rejoindre Louis-Ferdinand Céline à Sigmarigen…

Le XIXe siècle de Carné / Prévert. Avant même son tournage, Les Enfants du paradis a mis un certain temps à trouver sa voie. Dans un premier temps, Marcel Carné et Jacques Prévert[2] s’enthousiasment pour un fait divers : le meurtre d’un ivrogne par le mime Deburau, alors au sommet de sa gloire. Cette « piste criminelle » est vite abandonnée, mais perdure d’une certaine manière dans le résultat final : l’univers du théâtre des années 1820-1840, prodigue en figures inoubliables, fascine les deux hommes et Prévert y voit notamment l’occasion d’y incorporer Pierre-François Lacenaire, poète et assassin. Le récit entremêle personnages réels et fictifs, dans une chronologie incertaine sur le plan historique : la première partie est censée se déroulée en 1828 – mais à cette époque Deburau est déjà une célébrité ; la seconde débute « quelques années plus tard » mais croise en fait des événements survenus entre 1823 et 1842. Le film relève donc parfois de la fantaisie (un peu à la Guitry) m’ai s’est nourri d’une documentation rigoureuse et féconde sur le plan créatif, fruit des recherches de Carné au musée Carnavalet et dans les librairies parisiennes spécialisées dans le théâtre.

 

[1]           Pour Carné, il a déjà signé la photo du Jour se lève (1939).

[2]           Dont c’est la sixième collaboration après Jenny (1936), Drôle de drame (1937), Quai des brumes (1938), Le Jour se lève (1939) et Les Visiteurs du soir (1942) ! Ce qui rend également compte de la trajectoire exceptionnelle de Carné entre 1936 et 1946 (si on y ajoute Hôtel du Nord, 1938, et Les Portes de la nuit, 1946) : aucun autre cinéaste français, à aucune époque, n’a enchaîné autant de films marquants et tous devenus des classiques.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Marcel Carné

Année

1945

Durée

182 minutes

Date Sortie française

Jeudi 22 mars 1945

Auteur(s) / Scénario

Jacques Prévert

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Arletty (Garance), Jean-Louis Barrault (Baptiste Debureau), Pierre Brasseur (Frédérick Lemaître), Marcel Herrand (Pierre-François Lacenaire), Pierre Renoir (Jericho)…

Direction photographie

Roger Hubert, Philippe Agostini

Montage

Madeleine Bonin, Henri Rust

Couleur

N&B

Production

Pathé

Distributeur

ADRC/Pathé Distribution

Musique

Maurice Thiriet, Joseph Kosma (sous le nom de Georges Mouqué)

Son

Robert Teisseire

Costumes

Mayo

Décors

Alexandre Trauner, Léon Barsacq, Raymond Gabutti

Producteur(trice)

Raymond Borderie, Fred Orain

Pays

France

Critiques

 

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