Les Duellistes

"Les Duellistes" de Ridley Scott

Les Duellistes

The Duellists

Ridley Scott

1977

95 min.

VOST

Bande annonce

Strasbourg, 1800. Le lieutenant Féraud, incorrigible chercheur de querelles, blesse gravement le neveu du maire de la ville au cours d'un duel. Le lieutenant Armand d'Hubert est chargé par son chef de corps de lui signifier des arrêts de rigueur. Très vexé, ce dernier oblige d'Hubert à tirer l'épée contre lui…

 

C’est une anecdote véridique qui va servir de base à la nouvelle de Joseph Conrad Le Duel, parue en en 1908. En 1794, deux officiers de l’armée napoléonienne stationnés à Strasbourg s’étaient provoqués en duel pour un motif en apparence futile. Faute de pouvoir vider leur querelle initiale, ils s’étaient défiés jusqu’en 1813 dans toute l’Europe, au cours d’une trentaine de duels, par tous les moyens possibles (le sabre, l’épée, le pistolet, à pied ou à cheval, etc.).

Le sujet va fasciner Conrad, d’autant plus que son propre grand-père, Theodor, a servi durant la campagne de Russie dans le Ve corps d’armée du prince Joseph-Antoine Poniatowski aux côtés de Napoléon. Toute la famille de Conrad, à commencer par son père et son grand-père, s’est d’ailleurs engagé contre la Russie en faveur de l’indépendance de la Pologne.

L’œuvre du Polonais Joseph Conrad, qui ne se met vraiment à l’écriture qu’au terme de sa carrière dans la marine marchande en 1894 – sera pourtant conçue en anglais, et non en polonais ou en français (langue qu’il parle également couramment). Mais Conrad, en raison de son installation tardive en Angleterre et de son manque de familiarité avec la culture de son pays d’adoption, sera durant toute sa seconde carrière réticent à écrire sur le monde anglo-saxon.

Dans la nouvelle comme dans l’adaptation qu’en a tirée Ridley Scott, la rivalité d’Armand d’Hubert et de Gabriel Feraud trace en filigrane le portrait de l’aventure européenne de Napoléon – par exemple la terrible retraite de Russie. Et les us et coutumes de ces soldats de métier, mais aussi leur uniforme et leur apparence générale (qui évoluent significativement dans le film ; c’est même l’un des marqueurs du passage des années), leur langage et l’ensemble de leur environnement sont décrits avec un grand luxe de détails.

Présenté au Festival de Cannes en 1977, premier long métrage d’un réalisateur de publicités chevronné, Duellistes s’est vite imposé comme l’une des premières œuvres les plus marquantes de l’histoire du cinéma.

Quelque chose d’essentiel de l’esprit de Conrad subsiste ici, dans ces soldats guidés par leur seule obsession et ballottés à travers l’Europe au gré des campagnes napoléoniennes – obsession d’un autre ordre ou seulement d’une autre échelle ? Comme l’origine de la querelle entre les deux officiers tend à s’estomper au fil des ans au point qu’ils finissent presque par l’oublier eux-mêmes, le sens général de cette vie et de ce parcours se perdent, deviennent illisibles. C’est le point de vue défendu dans une lettre de Conrad datée de 1913 : il y reformule sa profonde conviction qu’il est impossible de comprendre l’essence du réel et de la vie en général. La science et les arts eux-mêmes (écrit-il) sont incapables de pénétrer plus avant que les seules apparences.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Ridley Scott

Année

1977

Titre original

The Duellists

Durée

95 minutes

Auteur(s) / Scénario

Gérald Vaughn-Hughes

Détails

Interprètes

Keith Carradine (Armand d’Hubert), Harvey Keitel (Gabriel Feraud), Albert Finney (Fouché), Edward Fox (le colonel), Cristina Raines (Adèle)…

D'après

D'après Joseph Conrad

Direction photographie

Frank Tidy

Montage

Pamela Power

Couleur

Couleur

Production

Paramount Pictures

Distributeur

Swank / Paramount

Musique

Howard Blake

Costumes

Tom Rand

Décors

Peter J. Hampton

Producteur(trice)

David Puttnam

Pays

Royaume-Uni

Critiques

 

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