Le Guépard

"Le Guépard" de Luchino Visconti

Le Guépard

Il Gattopardo

Luchino Visconti

1963

153 min.

VOST

Bande annonce

1860. Alors que Garibaldi débarque en Sicile, Tancrède, l’un des neveux du prince Salina, rejoint les troupes révolutionnaires. Après leur victoire, Tancrède obtient un laisser-passer pour permettre à son oncle de s'installer avec sa famille dans sa maison de campagne de Donnafugata…

 

Les évènements décrits par Luchino Visconti dans Le Guépard s’échelonnent de mai 1860 à novembre 1862, bien qu’ils ne soient pas datés à l’écran ou précisés par le dialogue. Ils sont donc postérieurs à la Seconde guerre d’indépendance (27 avril – 11 juillet 1859) et forment, par le rattachement du Royaume des deux Siciles au Royaume d’Italie, une étape essentielle menant à l’unité du pays, que l’on peut considérer comme achevée à l’automne 1870 avec la dissolution des États pontificaux et l’adoption de Rome comme capitale.

Comme le suggère Senso, l’histoire de la péninsule de 1848 à 1870 est non seulement d’une densité inouïe, mais elle reflète surtout les jeux d’alliance ambigus et souvent byzantins qui se déploient alors à l’échelle du continent européen. Des puissances majeures telles que l’Allemagne (Autriche et Prusse), le Royaume-Uni et bien sûr la France de Napoléon III ont joué, ouvertement ou non (et souvent les deux) un rôle fondamental dans l’émergence d’une Italie unifiée. Sans compter la papauté, liée à la France, et qui a résisté avec acharnement au démantèlement de ses frontières et aux atteintes que le Royaume d’Italie en gestation faisait subir aux biens religieux dans toute la péninsule.

Le Guépard est ainsi, vu de la Sicile, de son aristocratie et de sa bourgeoisie émergente, une tentative de dépeindre un monde complet (avec ses différentes classes, sa topographie, son climat, son architecture, ses rites sociaux et religieux…) qui se frotte aux enjeux multiples de mutations radicales – et paradoxales : selon la fameuse formule employée par Tancrède (Alain Delon) et reprise par le prince Salina (Burt Lancaster), « si nous voulons que tout se maintienne, il faut que tout change ».

Cet « immobilisme dans le changement » tient à la fois à la contingence des évènements et des mutations de société mais aussi, plus largement, à « l’âme de la Sicile », célébrant pour l’éternité les noces du soleil et de la mort. Le prince prend conscience de sa fin prochaine et de celle de l’aristocratie sicilienne, bien que le rapprochement de cette dernière avec la maison de Savoie[1] soit perçue comme un compromis nécessaire à sa survie provisoire.  

Le destin de la Sicile et du pays tout entier ne dépend plus des révolutionnaires ou des aristocrates, de même qu’il échappe plus que jamais aux paysans et aux ouvriers[2]. Il appartient désormais à la bourgeoisie : don Calogero, évidemment, et aussi Tancrède, modèle de figure ambitieuse et opportuniste, passant sans remord de la révolution garibaldienne à la cavalerie de Savoie. Peinte dans les ocres et les ombres, Le Guépard est la fresque d’une « fin de partie » – ce motif qui va imprégner toutes les œuvres à venir de Luchino Visconti.

 

[1]           Le Royaume de Piémont-Sardaigne a été le socle à partir duquel s’est forgée l’unité italienne.

[2]           Comme le prédit Don Ciccio (Serge Reggiani), le compagnon de chasse du prince Salina.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Luchino Visconti

Année

1963

Titre original

Il Gattopardo

Durée

153 minutes

Date Sortie française

Vendredi 14 juin 1963

Auteur(s) / Scénario

Suso Cecchi D'Amico, Pasquale Festa Campanile, Enrico Medioli, Massimo Franciosa, Luchino Visconti

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Burt Lancaster (le prince Fabrizio Salina), Alain Delon (Tancrède Falconeri), Claudia Cardinale (Angelica Sedara), Rina Morelli (Maria Stella Salina), Paolo Stoppa (Don Calogero Sedara)…

D'après

D'après Giuseppe Tomasi di Lampedusa

Direction photographie

Giuseppe Rotunno

Montage

Mario Serandrei

Couleur

Couleur

Production

Titanus (Rome), Pathé Cinéma (Paris)

Distributeur

ADRC/Pathé Distribution

Musique

Nino Rota

Son

Mario Messina

Costumes

Piero Tosi

Décors

Mario Garbuglia

Producteur(trice)

Goffredo Lombardo

Pays

Italie-France

Critiques

 

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