Lautrec

"Lautrec" de Roger Planchon

Lautrec

Roger Planchon

1998

125 min.

VF

La vie du peintre Henri de Toulouse-Lautrec, de sa naissance en 1864 à sa mort en 1901. Affecté d’un corps difforme, il commence à peindre dès son plus jeune âge. Envoyé à Paris pour parfaire son apprentissage, il fréquente assidûment les beuglants de la capitale et rencontre Aristide Bruant au Chat Noir…

 

En dix ans, de 1988 à 1998, Roger Planchon réalise trois films coup sur coup – lintégralité de sa filmographie. Les deux derniers sont, mais de manière différente, des biopics, consacrés à Louis XIV[1], puis Henri de Toulouse-Lautrec. Le sens visuel (et même pictural, dans le cas de Lautrec) et celui du rituel sont des passerelles commodes pour relier limmense homme de théâtre (pas moins de soixante-quinze mises en scène entre 1950 et 2008) et le cinéma, pour lequel Planchon sest passionné dès la fin de la Seconde Guerre mondiale et la découverte de Citizen Kane. Il passe derrière la caméra sur le tard, certes, mais avec lexpérience dun homme qui a révolutionné la scène et largement contribué, dans le sillage de Jean Vilar, à l’édification dun vrai théâtre populaire. 

Roger Planchon a eu le chance de se trouver au bon endroit, au bon moment. Tout comme Lautrec, dont la liste des artistes côtoyés, des années 1880 à sa mort en 1901, donne le tournis : Manet, Van Gogh, Seurat, Renoir, Suzanne Valadon, Cézanne… Au moins autant que ce panthéon de la peinture, il y a tout un monde, à Montmartre et dans les beaux quartiers : les salles de spectacles, les cabarets, les bordels, les théâtres. Lart de Lautrec investit tous les milieux et, plus important encore, dresse une passerelle entre la peinture, laffiche et la publicité. De lart à ce qui nest pas encore (mais elle se profile…) la culture de masse, rien nest trivial pour Lautrec, rien nest à dédaigner. Pour Roger Planchon, cette attitude est profondément ancrée en lui et vaut aussi pour les individus. « Tous ceux qui se sont penchés sur la vie de Lautrec ont découvert la qualité de lhomme, sa grandeur dans le quotidien. Peu dentre nous sont capables de sadresser à un puissant de ce monde et à la dernière épave qui se traîne, désespérée, dans un caniveau, avec les mêmes mots, la même ironie, la même attention, le même respect. Ce fut le cas de Lautrec. Ma motivation la plus profonde pour entreprendre ce film, cest mon admiration pour la bonté de cet homme.[2] »

Lautrec, le film, sattache donc aux pas de lhomme et de lartiste, sattarde sur sa relation tumultueuse et émouvante avec Suzanne Valadon, mais aussi avec ses parents et notamment sa mère, cette « sainte femme[3] » qui na cessé daccompagner son fils dans son parcours cahotique, à lintensité poignante tentée par lautodestruction. Roger Planchon capture aussi une démarche créative qui « se singularise parce quelle nest aucunement descriptive : Lautrec peint la vérité, pas la réalité ; il saccorde le droit dune interprétation personnelle, fût-elle dictée par des critères purement plastiques.[4] »

 

 

[1]                     Louis enfant-roi, 1988.

[2]                     Roger Planchon, « Qu’est-ce qu’une biographie ? » in Lautrec, Paris, éd. Plume, 1998, p. 22. Le volume rassemble également le scénario du film ainsi qu’une présentation détaillée de l’œuvre du peintre.

[3]                     Le mot est de Lautrec…

[4]                     Danièle Devynck, « Parcours d’un artiste » in Lautrec, op. cit., p. 114.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Roger Planchon

Année

1998

Durée

125 minutes

Date Sortie française

Mercredi 9 septembre 1998

Auteur(s) / Scénario

Roger Planchon

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Régis Royer (Henri de Toulouse-Lautrec), Elsa Zylberstein (Suzanne Valadon), Anémone (Adèle de Toulouse-Lautrec), Claude Rich (Alphonse de Toulouse-Lautrec), Hélène Babu (la goulue)…

Direction photographie

Gérard Simon

Montage

Isabelle Devinck

Couleur

Couleur

Production

Les Films du Losange

Distributeur

Les Films du Losange

Musique

Jean-Pierre Fouquey

Son

Jean Minondo

Costumes

Pierre-Jean Larroque

Décors

Jacques Rouxel

Producteur(trice)

Margaret Ménégoz

Pays

France

Critiques