La Ruée vers l'or

"The Gold Rush" de Charles Chaplin

La Ruée vers l'or

The Gold Rush

Charles Chaplin

1925

82 min.

MUET

Bande annonce

Un chercheur d'or malchanceux manque d'être enfoui sous les neiges de l'Alaska et dévoré par ses compagnons affamés. À la ville, il s'éprend de Georgia, une entraîneuse de dancing qui raille d'abord le pauvre hère puis, touchée par sa tendresse affectueuse et naïve, s’attache à lui…

 

Comme une traînée de poudre. À la mi-juillet 1897, San Francisco et Seattle bruissent de la découverte de filons aurifères dans le Yukon, une région qui enjambe la frontière entre l’Alaska et le Canada. Environ 100 000 prospecteurs s’acheminent donc par bateau ou par voie terrestre vers le Klondike, dans un contexte économique de récession généralisée ; la perspective de s’enrichir rapidement est d’autant plus forte.

Un demi-siècle plus tôt, en 1848-49, c’était la Californie qui avait attiré des bataillons de prospecteurs affrontant la traversée vers l’Ouest et ses territoires encore sauvages. Le Yukon pose d’autres difficultés, à commencer par l’altitude et la rigueur du climat. Seulement 30 à 40 000 prospecteurs parviennent sur les sites aurifères. Beaucoup renoncent et beaucoup meurent en route. Des embarcations vacillantes et surchargées s’abîment en mer, tandis que le froid et la faim piègent des milliers de gens.

Les filons principaux se trouvant en territoire canadien, les autorités exigent bientôt que les prospecteurs s’équipent d’une réserve minimum de nourriture pour les autoriser à franchir la frontière. Le sud-ouest de l’Alaska, avec un tracé des frontières encore disputé entre les États-Unis[1] et le Canada, est d’ailleurs source de multiples tensions.

Et au bout du compte, bien peu vont s’enrichir vraiment, alors que des villes-champignons telles que Dawson City sortent littéralement de terre. L’exploitation des rares filons va se poursuivre jusqu’en 1903, avec des méthodes plus sophistiquées et plus coûteuses. Mais dès 1899, la découverte de nouveaux filons dans l’embouchure de la Yukon River détournent l’essentiel des prospecteurs du Klondike.

Du Klondike à Hollywood. Le souvenir toujours vif de l’expédition Donner[2] ainsi que des cartes stéréoscopiques de la ruée vers le Klondike vont servir de base au scénario de Chaplin. On en trouve la trace dans les plans d’ouverture de La Ruée vers l’or, qui possèdent une nette saveur documentaire. Après un premier long métrage (L’Opinion publique, 1923) décevant au box-office, Chaplin travaille du printemps 1924 à l’été 1925 à l’élaboration d’un film emblématique qui signe son retour dans le registre de la comédie, en même temps que celui de son personnage fétiche. De multiples notations donnent du relief à la trajectoire du lone prospector et à son environnement : l’âpreté de la nature, le spectre de la faim, les villes-champignons, la place des femmes (leur proportion variait de 8 à 12%) dans le monde effroyablement rude et aussi très masculin des chercheurs d’or… Le succès phénoménal de La Ruée vers l’or témoigne également, après les romans de Jack London, de l’imprégnation culturelle d’un épisode bref mais marquant dans l’histoire du continent américain.

 

[1]           Les États-Unis avaient acheté l’Alaska aux Russes en 1867.

[2]           Bloquée par la neige en 1846-47. Les rescapés s’adonnèrent au cannibalisme pour survivre.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Charles Chaplin

Année

1925

Titre original

The Gold Rush

Durée

82 minutes

Date Sortie française

Vendredi 9 octobre 1925

Auteur(s) / Scénario

Charles Chaplin

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Charles Chaplin, Mack Swain, Tom Murray

Direction photographie

Roland Totheroh

Montage

Charles Chaplin

Couleur

N&B

Production

Charles Chaplin Productions, United Artists

Distributeur

ADRC/Théâtre du temple

Producteur(trice)

Charles Chaplin

Pays

USA

Critiques

 

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