Khartoum

khartoum

Khartoum

Basil Dearden

1966

128 min.

VOST

1883, au Soudan. 10 000 soldats égyptiens sous commandement britannique sont décimés par les troupes du Mahdi, un fanatique religieux qui se prétend l’élu de Mahomet. William Gladstone, le Premier ministre britannique, dépêche à Khartoum un militaire de carrière, le général Gordon, pour assurer la protection des civils…

 

Une défaite au Soudan. Même si Khartoum relate une défaite militaire britannique (la prise de la ville de Khartoum, au Soudan, par des islamistes révoltés, le massacre de la garnison britannique qui la défendait et de la plus grande partie de sa population), il n’en retrace pas moins un des grands moments de la geste impériale du XIXe siècle. Présents militairement en Égypte depuis 1882, les Britanniques vont l’année suivante aider les Egyptiens à reconquérir le Soudan où un « prophète » musulman, le Mahdi, conteste leur autorité. C’est un échec cuisant. Londres envoie alors au début de 1884 le général Charles Gordon, pour évacuer les ressortissants britanniques du pays, mais celui-ci préfère plutôt s’installer dans Khartoum pour résister, dans l’attente de renforts militaires qui lui permettraient de vaincre le Mahdi. Mais le Premier Ministre Gladstone, nullement désireux d’ajouter le Soudan à l’Empire, tarde à envoyer les secours. Finalement, Khartoum tombe et Gordon et ses hommes sont exterminés. La tête de Gordon avait été envoyée au Mahdi qui l’avait laissé pourrir au bout d’une pique dans la rue principale d’Omdurman, sa capitale. Le général Gordon – par ailleurs un parfait illuminé qui disait converser régulièrement avec Jésus, Mahomet ou Bouddha – devint instantanément un héros pour l’opinion britannique, tandis que Gladstone, tenu pour responsable de sa mort, faillit démissionner. La mort de Gordon fut vengée 13 ans plus tard (1898), lors de la bataille d’Omdurman qui écrasa les mahdistes et instaura un condominium anglo-égyptien sur le Soudan qui devait durer jusqu’en 1956. – Philippe Chassaigne

Gordon d’Arabie. L’immensité du désert captée en Cinérama/Ultra Panavision 70, la partition épique de Frank Cordell, l’Anglais Laurence Olivier grimé en prince du désert, les allers-retours entre le Soudan et des autorités anglaises on ne peut plus calculatrices ? Quatre ans après le chef-d’œuvre de David Lean, Khartoum évoque irrésistiblement Lawrence d’Arabie (1962), d’autant que son personnage principal, mystique et tourmenté, médite longuement sur lui-même et sur la destinée de la ville qui lui a été confiée, finalement abandonnée par l’Angleterre. Mais alors que Lawrence, à l’orée de son parcours, a encore tout à prouver à ses supérieurs, Gordon est dès son entrée en scène un héros qui charrie avec lui la dimension épique naturellement associée à la prestance de Charlton Heston. L’ingéniosité de Gordon et de ses stratégies défensives évoque également La Terre des Pharaons d’Howard Hawks (1955) et les deux films, bien qu’ils soient visuellement très spectaculaires, déploient la même tonalité presque intime et, d’une certaine manière, dépassionnée. Quoi qu’il en soit, pour l’Angleterre des années 1960, Khartoum était un commentaire supplémentaire sur la fragilité et le déclin de l’empire britannique.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Basil Dearden

Année

1966

Durée

128 minutes

Date Sortie française

Vendredi 16 septembre 1966

Auteur(s) / Scénario

Robert Ardrey

Format de diffusion

Blu Ray

Détails

Interprètes

Charlton Heston (le général Charles Gordon), Laurence Olivier (le Mahdi), Richard Johnson (le colonel Stewart), Ralph Richardson (William Gladstone), Alexander Knox (Sir Evelyn Baring)…

Direction photographie

Edward Scaife

Montage

Fergus McDonell

Couleur

Couleur

Distributeur

Park Circus

Musique

Frank Cordell

Son

John Dennis, Gordon K. McCallum, Bert Ross

Producteur(trice)

Julian Blaustein

Pays

Royaume-Uni

Critiques