Guy de Maupassant

"Guy de Maupassant" de Michel Drach

Guy de Maupassant

Michel Drach

1982

131 min.

VF

1891. Syphilitique, Guy de Maupassant n'est plus que l'ombre de lui-même et ses facultés déclinent rapidement. Accompagné de Tassart, son fidèle valet, il se réfugie à Cannes où il espère terminer L’Angelus, son nouveau roman…

 

« Je suis absolument perdu. Je suis même à l'agonie. J'ai un ramollissement du cerveau venu des lavages que j'ai faits avec de l'eau salée dans mes fosses nasales. Il s'est produit dans le cerveau une fermentation de sel et toutes les nuits mon cerveau me coule par le nez et la bouche en une pâte gluante. C'est la mort imminente et je suis fou ! Ma tête bat la campagne. Adieu ami vous ne me reverrez pas !… » Ces mots terribles et poignants sont les derniers écrits par Maupassant à son médecin, le docteur Cazalis, le 31 décembre 1891. Interné le 8 janvier suivant après une double tentative de suicide, il meurt dix-huit mois plus tard, le 6 juillet 1893, peu avant son 43e anniversaire.

Qu’est-ce qui a conduit Maupassant, jeune encore, autrefois éclatant de santé et de virilité, écrivain adulé par les femmes, par la critique et par ses pairs après les succès consécutifs de son recueil de nouvelles La Maison Tellier (1881) comme de ses romans Une vie (1883), Bel- Ami (1885) ou Pierre et Jean (1887), vers cette misérable agonie ?

Maupassant est mort de la syphillis (il est diagnostiqué en 1877 et, par forfanterie, s’en réjouit…), qui va le ronger au fil des ans, déclenchant des accès de fatigue, d’angoisse, de solitude et de paranoia. Et cet écrivain qui a œuvré à définir une forme très particulière de réalisme dans une « langue claire, logique et nerveuse » (ses propres mots), bascule à la fin de sa vie vers la folie tant redoutée, celle qui a tué son jeune frère Hervé en novembre 1889 et qui affectera également sa mère.

Eros et Thanatos. Le film de Michel Drach se concentre sur cette fin de carrière (Maupassant tente vainement d’écrire en 1891 un dernier roman, L’Angélus et on le voit, luttant contre la fatigue et les mots qui, désormais, lui échappent) et cette fin de vie, entremêlant les souvenirs, les associations d’idées, les visions dignes du Horla (le miroir qui ne renvoie soudainement plus de reflet…). Échec public, très fraîchement accueilli par la critique à sa sortie, Guy de Maupassant était pourtant l’une des productions françaises les plus attendues de l’année 1982. Casting prestigieux (dernier rôle de Simone Signoret, sans oublier Jean Carmet ou Miou-Miou), reconstitution soignée des fastes de l’époque, magnifiée par la photo de Philippe Rousselot, partition de Georges Delerue… Plus encore que l’écrivain, Claude Brasseur incarne avec panache l’homme porté par son hubris, son défi de la mort, son tempérament jouisseur. Maupassant se repaît de la nudité (prononcée) des femmes qu’il croise, d’amour impossible et fuyant en soirées de débauche. Il médite et soliloque sur les femmes, sur ses prouesses sexuelles, sa vitalité sportive et ses dons d’écrivain. Mais ce sont la morbidité et la paranoia qui imprègnent pour l’essentiel ce biopic hanté.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Michel Drach

Année

1982

Durée

131 minutes

Date Sortie française

Mercredi 14 avril 1982

Auteur(s) / Scénario

Michel Drach, Philippe Madral

Format de diffusion

35 mm

Détails

Interprètes

Claude Brasseur (Guy de Maupassant), Jean Carmet (François Tassart), Miou-Miou (Gisèle d’Estoc), Simone Signoret (Laure de Maupassant), Véronique Genest (Fanny)…

Direction photographie

Philippe Rousselot

Montage

Geneviève Winding

Couleur

Couleur

Production

Port Royal Films, Gaumont, France 3

Distributeur

Gaumont

Musique

Georges Delerue

Son

Harald Maury

Costumes

Yvonne Sassinot de Nesle

Décors

Jean-Pierre Kohu-Svelko, Antoine Roman

Producteur(trice)

Daniel Deschamps, Michel Drach

Pays

France

Critiques

 

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