Guerre et Paix

"Guerre et Paix" de King Vidor

Guerre et Paix

King Vidor

1956

208 min.

VOST

Bande annonce

Moscou, 1805. Les fêtes se succèdent bien que la guerre soit proche. La comtesse Natacha Rostov, une jeune femme romanesque et pleine de vie, grandit au sein d'une famille de la noblesse russe. Le comte Pierre Bezoukhov, humaniste et pacifiste, fréquente la maison du comte et de la comtesse Rostov, et gagne l'amitié de Natacha…

 

Œuvre-phare. Léon Tolstoï a mis dix ans à écrire Guerre et Paix [1] et quand le livre est enfin paru en feuilleton, de 1865 à 1869, il n’avait pas une seule seconde anticipé son succès. Vaste tapisserie sur l’histoire de la Russie à l’époque de Napoléon 1er, Guerre et Paix est un roman « total » qui embrasse toutes les couches de la société russe, ainsi que de nombreux évènements historiques survenus entre 1805 et 1820[2]. À travers une foule de personnages à la fois incarnés et abstraits, semé de digressions philosophiques, historiques ou militaires, Tolstoï livre les étapes d’un cheminement spirituel qui est souvent le sien. En particulier les figures de Pierre Bézoukhov, du prince André Bolkonsky, de Platon Karataïev (incarné dans le film par John Mills) ou de Nicolas Rostov incarnent toutes, à un moment ou un autre de leur parcours dans le récit, un idéal moral auquel le romancier s’identifiait très étroitement. L’attachement à la terre et l’abolition du servage, la fascination puis le dégoût pour la violence ou pour la guerre, la quête d’une harmonie forgée dans les souffrances d’un peuple tout entier, façonnent une vision du monde à la fois cohérente et pétrie de paradoxes, encore soulignée par la conviction enracinée chez l’auteur d’un profond déterminisme. Nos choix comptent bien peu, finalement, dans un cheminement tragique par nature.

Guerre et Paix est la seconde superproduction du studio Paramount pour l’année 1956 – la première étant Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille. Le film, un des fleurons de la runaway production [3] des années 1950/60 bénéficie lui aussi des atouts du format VistaVision. Le générique (et le nombre de scénaristes) donnent une petite idée des difficultés auxquelles King Vidor et son équipe se sont heurtés : de fait, même avec une durée-fleuve de 3h28, l’adaptation de Guerre et Paix est un pari impossible. Quelques années plus tard, une nouvelle version signée Sergeï Bondartchouk et durant sept heures (!!) se heurtera au même problème, incapable elle aussi de digérer les péripéties de l’œuvre torrentielle de Tolstoï.

Pour autant, le film préserve la clarté narrative nécessaire aux actions croisées de nombreux personnages. Surtout, Vidor a trouvé chez Tolstoï l’écho de ses convictions les plus profondes et l’incarnation d’un cheminement spirituel qui est au cœur de ses œuvres les plus personnelles.

 

[1]           Premier des deux romans à avoir assuré le renommée mondiale de Tolstoï. Le second est bien sûr Anna Karénine 

[2]           Mais le roman se concentre pour l’essentiel sur les années 1805 (la guerre de la troisième coalition), 1807 (la paix de Tilsitt) et 1812 (campagne et retraite de Russie).

[3]           Désigne les co-productions internationales des films hollywoodiens, avec l’objectif (pas toujours atteint) de réduire les coûts de réalisation. Dans le même registre, Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz (1962) vient immédiatement à l’esprit.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

King Vidor

Année

1956

Durée

208 minutes

Date Sortie française

Vendredi 14 décembre 1956

Auteur(s) / Scénario

Bridget Boland, Robert Westbery, King Vidor, Mario Camerini, Ennio de Concini, Ivo Perilli, Gian Gaspare Napolitano, Mario Soldati

Détails

Interprètes

Audrey Hepburn (Natasha Rostov), Henry Fonda (Pierre Bezukhov), Mel Ferrer (le prince Andrei Bolkonsky), Vittorio Gassman (Anatol Kuragin), Herbert Lom (Napoléon)…

D'après

D'après Léon Tolstoï

Direction photographie

Jack Cardiff

Montage

Leo Cattozzo

Couleur

Couleur

Production

Ponti-De Laurentiis Cinematografica, Paramount Pictures

Distributeur

Swank / Paramount Pictures

Musique

Nino Rota

Son

Charles Knott

Costumes

Maria de Matteis

Décors

Piero Gherardi

Producteur(trice)

Dino de Laurentiis

Pays

USA Italie

Critiques

 

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