Elvira Madigan

"Elvira Madigan" de Bo Widerberg

Elvira Madigan

Bo Widerberg

1967

91 min.

VOST

Bande annonce

1889. Elvira Madigan, une artiste de cirque danoise, fait la connaissance de l’officier suédois Sixten Sparre, déjà marié et père de deux enfants. Ils décident de s’enfuir. Mais leur aventure scandalise la société…

 

Les amants tragiques. En Suède et au Danemark, les noms d’Elvira Madigan et de son amant Sixten Sparre sont entrés dans la légende. Ils forment l’archétype du couple passionné et maudit, uni dans un destin tragique. Retrouvés morts en pleine nature, dans le bois du Nørreskov, ils ont été inhumés dans le village de Landet, en présence d’une foule considérable, le 27 juillet 1889. Depuis, la tombe est devenue un lieu de pélerinage. On dit que lorsqu’une jeune fille du village se marie, elle ne manque pas de déposer un bouquet de fleurs sur la tombe d’Elvira.

Née en 1867, Elvira (de son vrai nom Hedvig) était une jeune prodige du cirque et avait commencé à se produire sur scène dès l’âge de cinq ans. Elle s’était fait remarquer par ses talents de funambule et donna même, en août 1886, une représentation devant le roi Christian IX de Danemark. Le cirque appartenait à sa mère Eléonora et à son beau-père, John Madigan, et se produisit dans toute l’Europe du Nord. Jusqu’à cette soirée de janvier 1888 où, de retour en Suède, le cirque Madigan compte dans son public le lieutenant Sixten Sparre, un aristocrate qui s’éprend de la jeune femme. Ils entament une liaison secrète (Sparre est marié et père de deux enfants) avant de s’enfuir le 22 mai 1889. Deux mois plus tard, à bout de ressources et convaincus que leur liaison est sans issue, les deux amants se donnent la mort. Le fait divers rencontre immédiatement un immense écho.

Les fraises sauvages. En 1967, Bo Widerberg s’empare de cette histoire et la traite sur un mode solaire et impressionniste. Elvira Madigan s’ouvre et se clôt sur une nature édénique. Elle apparaît tel un écrin, un refuge qui préserve ses amants du monde extérieur, et les immerge dans un cocon où ils sont – pour un temps – indifférents à la société qui les entoure. Le film donne peu d’indices sur leur existence antérieure : Bo Widerberg n’a pas souhaité faire « un film d’histoire » (au sens viscontien, par exemple), avec reconstitution détaillée et minutieuse de l’époque. Chez lui, les amants sont seuls au monde, isolés par de longues focales, occupés seulement d’eux-mêmes, de leur manière d’être au monde et de vivre l’instant présent.

Et puis ce sentiment, que la mise en scène nous communique dès l’ouverture, s’abîme. Non la passion ou les sentiments, mais le poids du monde extérieur, qui pèse sur la bulle qui isolait si bien Elvira et Sixten. Le couple est victime de la réprobation générale, de la culpabilité qu’on veut leur faire endosser et qu’ils réfutent – et aussi du manque d’argent. Widerberg fait des pièces comptées un motif répété et l’issue tragique dont le public est informé dès le carton liminaire devient un horizon d’attente que de multiples détails laissent entrevoir (le vin renversé sur la nappe). Et il subsiste malgré tout, à la fin, cette incandescence de la lumière et des sentiments qui forment le mouvement général du film.

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Bo Widerberg

Année

1967

Durée

91 minutes

Date Sortie française

Lundi 24 avril 1967

Auteur(s) / Scénario

Bo Widerberg

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Pia Degermark (Elvira Madigan), Thommy Bergren (Sixten Sparre), Lennart Malmer (Kristoffer), Cleo Jensen (Cleo), Yvonne Engdal (la voix d’Elvira)…

Direction photographie

Jörgen Persson

Montage

Bo Widerberg

Couleur

Couleur

Distributeur

ADRC/Malavida

Son

Sven Fahlén

Producteur(trice)

Waldemar Bergendahl

Pays

Suède

Critiques

 

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