Le nouveau manuel pédagogique du Festival : LES CINÉ-DOSSIERS

CINÉ-DOSSIERS - La nouvelle collection pédagogique du Festival du film d'Histoire. 

Un nouvel outil pour enseigner l’Histoire avec le cinéma et le cinéma avec l’Histoire

Depuis 28 ans, le Festival international du Film d’Histoire de Pessac consacre une partie essentielle de chacune de ses éditions à la déclinaison d’un thème d’Histoire, à travers une abondante sélection cinématographique signée Pierre-Henri Deleau, accompagnée d’une quarantaine de rencontres et débats, préparés notamment avec la revue L’Histoire. Cette programmation est présentée de manière détaillée dans le catalogue du Festival devenu, au fil des ans, un outil documentaire de référence sur les sujets traités.

LE BON TRIPTYQUE :
SÉLECTION EXIGEANTE ET ACCESSIBLE, DOSSIERS PÉDAGOGIQUES, PRÉSENCE D’INTERVENANTS

Mais de manière complémentaire, le Festival propose, depuis l’origine, une véritable programmation spécifiquement destinée au public scolaire. Un groupe pédagogique composé d’enseignants volontaires du primaire et du secondaire et de membres de l’équipe du Festival prépare, en étroite coopération avec le Rectorat de Bordeaux, un choix de films après discussion, visionnement et recherche des ayants droit. Les objectifs de cette sélection : réunir un panorama de films qui par leurs qualités esthétiques et leur intérêt historique permettent aux élèves d’allier plaisir du cinéma, découverte d’une œuvre et d’un auteur avec l’acquisition de connaissances et une meilleure compréhension d’un sujet donné. Cette programmation s’appuie sur de nombreux dispositifs répartis par niveau scolaire : classes passeports (deux films dans la journée), classes critiques, classes philo, classes citoyennes... Dans tous les cas, les propositions faites aux enseignants s’appuient en amont et en aval sur un dossier pédagogique du Festival ; et, au moment de la manifestation, la projection est précédée et/ou suivie d’une rencontre avec un membre de l’équipe pédagogique qui peut être accompagné par un réalisateur, un historien, un journaliste, un représentant du monde associatif...

UNE DOUBLE PERSPECTIVE HISTORIQUE ET CINÉMATOGRAPHIQUE

On retrouve des dispositifs analogues dans de nombreux festivals, la particularité de la manifestation pessacaise est qu’elle propose une double perspective historique et cinématographique. L’enjeu n’est pas des moindres : il s’agit non seulement de donner aux élèves des connaissances historiques mais dans le même temps, d’appréhender la complexité de ce qu’est l’Histoire, de comprendre quels sont les mécanismes de narration, de représentation sur lesquels elle s’appuie. La confrontation du point de vue de l’historien avec celui du cinéaste est un exercice intellectuel propre à aiguiser la réflexion et l’esprit critique des élèves (tant vis à vis de l’Histoire que du cinéma). La hausse spectaculaire de la fréquentation scolaire du Festival (passée de 2 000 entrées en 1990 à 16 000 en 2017, et élargie à trente villes de la région depuis plusieurs années) montre l’intérêt que portent les enseignants au triptyque : sélection cinéma exigeante et accessible – dossiers pédagogiques –projections sur grand écran dans le cadre d’une manifestation et en présence d’intervenants.

CINÉ-DOSSIERS : UNE NOUVELLE COLLECTION, UNE NOUVELLE AMBITION

Mais avec cette nouvelle collection Ciné-dossiers, le Festival du film d’histoire de Pessac se donne une nouvelle ambition. En effet, jusqu’à présent les dossiers pédagogiques étaient exclusivement destinés aux enseignants qui participaient au Festival. Autrement dit, la diffusion de ce travail était très limitée. Notre objectif est dorénavant que ce guide pour les enseignants puisse être utilisé pendant et après le festival et ce, à l’échelle nationale et non plus locale. Autrement dit, démultiplier l’audience et la durée de vie de cet outil. Le second changement essentiel est dans la forme donnée à ces dossiers : en effet, nous avons souhaité les homogénéiser à partir d’un cahier des charges relativement contraint et les rassembler au sein d’un même ouvrage, l’ensemble des dossiers constituant un large éventail de propositions parmi lesquelles l’enseignant pourra, en quelque sorte, « faire son marché » pour ses élèves.

DONNER DES ENVIES DE CINÉMA ET LES OUTILS POUR LES TRANSMETTRE

Ce nouveau Ciné-dossiers constituera un nouvel objet qui, par son caractère foisonnant, par sa mise en page richement illustrée, donnera des idées et des envies de cinéma ; et qu’il incitera les enseignants à travailler davantage sur les films, à dépasser les titres les plus connus ou les plus attendus, à varier les sujets, les sources et à dépasser les hésitations ou les craintes. Chaque dossier comporte 8 pages. Il ne présente donc absolument pas de caractère exhaustif tant sur l’apport historique que sur l’analyse filmique. Nous n’avons pas, ici, la prétention de proposer un travail aussi approfondi que celui des Grignoux, des Enfants de Cinéma, des dossiers Collège ou Lycéens au cinéma... Néanmoins (et c’est essentiel), nous avons veillé à la pertinence et à la précision des informations rassemblées. Ces dossiers sont d’abord des points de départs, une première étape de travail avec suffisamment d’éléments, de pistes, d’analyses et de références pour que l’enseignant puisse prendre le relais, s’emparer du film et chercher des approfondissements.

La construction de chaque dossier est la suivante : une page de présentation avec synopsis, générique, affiche, introduction générale et niveau ; une double page de contextes historique et cinématographique ; deux doubles pages de pistes pédagogiques et d’analyses et enfin une page de références (films, livres, ressources en ligne).

Page présentation du film

Page contexte historique

Page contexte cinématographiquePage pistes pédagogiquePage analyse de séquencePage références

 

Ces dossiers sont rédigés consciencieusement avec le soutien de nombreuses contributions (notamment les réalisateurs, les historiens...). Qu’ils soient ici sincèrement remerciés pour leur précieuse implication dans ce projet ainsi que Jean-François Cazeaux, chargé du cinéma à la Délégation académique aux arts et à la culture du Rectorat de Bordeaux et Isabelle Depaire, directrice de l’Atelier Canopé 33 de Mérignac. Merci également à tous les rédacteurs qui ont accepté de se plier, collectivement, aux nouvelles règles de planning, de sommaire et de calibrage. Grâce à eux, le Festival propose un nouvel outil pédagogique qui, à ce jour et à notre connaissance, est inédit : le traitement d’un sujet d’Histoire à travers un panorama détaillé de plus d'une vingtaine de films. Nous remercions par avance les lecteurs pour leur bienveillance et leur indulgence.

Les CINÉ-DOSSIERS #2 : 

1918-1939, la drôle de paix

1918-1939. QUAND LE CINÉMA PREND LA PAROLE

« J’ai parcouru l’Europe entière ces derniers mois. Le patriotisme est partout rampant et le résultat en sera une nouvelle guerre. »Charlie Chaplin, 1931

L’armistice. Il y a juste un siècle. Un cataclysme meurtrier s’achevait à l’Ouest de l’Europe, mais continuait encore pour quelques années dans les Balkans. La der des ders. Il fallait faire la paix. La construire pour qu’elle soit durable. On connaît la suite, mais l’a-t-on bien saisie, comprise et si oui, comment l’expliquer aux élèves. Que s’est-il passé pendant ces deux décennies pour que le monde bascule à nouveau dans un second coflit mondial ?

Nous vous proposons avec ce large programme de dégager les lignes de force de cette période (synthétisées dans1919-1939, la drôle de paix de David Korn-Brzoza et Jean-Noël Jeanneney). Quelles sont les leçons du traumatisme (Au revoir-là haut) ? Le pacifisme bien entendu (La Tragédie de la mine), mais également une remise en cause des méthodes traditionnelles de l’éducation par quelques pionniers (Révolution école), un milieu artistique qui a élu domicile à Paris, qui réagit et s’engage (Les Aventuriers de l’art moderne). L’envie de tourner la page, une « joie de vivre » (les « années folles ») qui va de pair avec une certaine émancipation des femmes (Sérénade à trois). Industrialisation, mécanisation, sciences, transports, on entre dans « Les Temps modernes », épinglés par Chaplin. Car les progrès scientifiques et techniques n’empêchent ni le krach de Wall Street, ni les fermetures d’usine et le chômage qui va avec (Notre pain quotidien). L’image d’une Amérique triomphante en prend un coup avant que Roosevelt et son New Deal ne redonne une dynamique et un espoir. Mais la crise de 29 s’est répandue en Europe. L’incapacité des démocraties à la résorber rapidement, le sentiment d’humiliation des vaincus de la Première Guerre, la montée simultanée des nationalismes, de l’antisémitisme feront le lit du fascisme et du nazisme, portés par l’embrigadement de la jeunesse (Révolution école), un discours de haine raciale et le culte de la personnalité (The Mortal StormLe Dictateur).

Pourtant à l’Est, une lueur s’est levée en 1917. Un projet d’inspiration marxiste contre l’exploitation capitaliste, pour une société plus fraternelle (La Foi du siècle). La révolution de 1917 et le communisme soulèveront une espérance dans les classes populaires du monde entier qui ignorent pour la plupart les crimes du régime bolchévique (répression arbitraire du NKVD, dékoulakisation, famine en Ukraine, Goulag, procès de Moscou, grande Terreur). En France comme dans d’autres pays d’Europe, socialisme et communisme demeurent des idéaux politiques, et le Front populaire (L’Europe des Front PopulairesLa Belle Équipe), avec l’avènement des congés payés, symbolisera le progrès social. En Espagne, les Républicains accèdent légalement au pouvoir. Pouvoir contesté par Franco. C’est la guerre civile (Land and FreedomLa Tragédie des brigades internationales) : les franquistes sont soutenus par les dictatures allemandes et italiennes, quand les Républicains sont abandonnés par les démocraties (France, Grande-Bretagne) mais reçoivent l’intervention soviétique.

Pendant cette période, le cinéma a pris la parole (Chantons sous la pluie). Il dit même l’esprit d’une époque, ses mutations, de façon éclatante (La Belle Équipe,Sérénade à troisNotre pain quotidienLittle Caesar), lucide (The Mortal Storm), idéaliste (La Tragédie de la mine) et humoristique (Les Temps modernesLe Dictateur, Ninotchka). Nous avons complété par plusieurs documentaires qui embrassent la période de manière synthétique, chacun sous un angle spécifique. Enfin, nous proposons également des fresques historiques à grand spectacle (Au revoir là-hautIndochine) plus contemporaines. Un programme qui, sans être exhaustif, permet de donner une vue d’ensemble, de comprendre les processus historiques, sociaux, politiques à l’œuvre à l’échelle internationale et leurs interactions. Comme chaque année, nous avons cherché à allier la qualité artistique, l’intérêt historique et l’accessibilité des œuvres (dans la narration, le propos) pour les élèves.

Chacun de ces 22 films fait donc l’objet d’un dossier pédagogique de 8 pages (dont 4 pour les pistes et analyses) dans le N°2 de notre collection Ciné-Dossiers (parution : septembre 2018). Un ciné-dossiers que vous semblez avoir apprécié et qui s’installe comme un nouvel outil de référence dans le travail d’éducation au cinéma et à l’histoire. Merci à tous les membres du groupe pédagogique ainsi qu’aux rédacteurs des ciné-dossiers pour leur implication, aux enseignants pour leur délité et leur confiance. Bon festival. 

François Aymé, commissaire général du Festival.

LES CINÉ-DOSSIERS EN LIGNE

Vous trouverez dans les pages suivantes (prochainement disponibles), consacrées aux films du programme scolaire, de nombreux extraits du Ciné-dossiers "1918-1939, la drôle de paix", ainsi que des éléments complémentaires.

L'ouvrage complet (format livre) sera disponible dès la rentrée 2018, sur commande, au prix de 15 € (tarif préférentiel de 8€ pour les enseignants inscrits avec leur classe sur un dispositif de l'édition en cours). Bon de commande à télécharger ci-contre.