Of Time and the City

of time and the city

Of Time and the City

Terence Davies

2008

74 min.

Terence Davies, cinéaste et scénariste, revisite son enfance à Liverpool. Né pauvre et catholique, ses impressions sur la ville et son évolution sont mitigées, entre prise de conscience de son homosexualité, découverte de la musique et d'un semblant de prospérité après la guerre, dans une cité à l'architecture de béton souvent déprimante…

Enrobé d'un lyrisme tour à tour mélancolique et narquois, ce documentaire est plus que le portrait de Liverpool décrépit au fil du temps. C'est en même temps l'autoportrait du cinéaste, qui y naquit en 1945, sa déclaration d'amour scandée d'un commentaire off, dit par lui-même. Un poème visuel et sonore enrichi de citations de Joyce (“Ce que vous êtes aujourd'hui, nous l'avons été jadis”), Tchekhov (“Les meilleurs moments passent sans laisser de traces”), Engels sur la pauvreté, et la chanteuse Peggy Lee en contrepoint ironique d'un travelling sur des immeubles ouvriers (“Notre véranda exigera une vue sur les verts pâturages”).

Où es-tu, ô le Liverpool que j'ai aimé ? Ô temps, ô mœurs…” : à l'affût de son passé évanoui, des voix qui se sont tues, le réalisateur de Distant Voices, Still Lives (1987) mêle l'histoire et l'évolution socio-économique, des souvenirs intimes et la mémoire collective, lieux vénérés ou abhorrés, le cinéma et la musique. Plans volés d'aujourd'hui, chronologie en zigzag, images d'archives. Demeures victoriennes et enfants sur terrains vagues, statues de saints et églises sécularisées où l'on vient siroter des cocktails, terrains de football d'avant la perversion du sport par l'esprit mercantile, radio en Bakélite, belle époque des comédies musicales et mélos, femmes à la lessive, guerre de Corée et fièvre de crooners, fastueuses noces d'Elizabeth et cartes de rationnement, fin de l'Empire britannique et haine du rock'n'roll, course hippique et marche orangiste, nouvelle station balnéaire, danse et roudoudous, éclosion des Beatles, chocolat chaud et tartines, rengaines aux paroles surannées...

En fin de flash-back, sur fond de ciel assombri, quelques vers de T. S. Eliot pour dire la nostalgie des femmes aimées : sa mère et ses sœurs. “Bonsoir mesdames, bonsoir mes chères. Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir.” Cet hymne à un univers quasi défunt est hanté par l'enfance, la violence imposée aux démunis, aux soldats, l’amour du cinéma, la mort des êtres chers et de ce qui nous berça jadis. Mais surtout, par l'empreinte de l’Église catholique et la répression du désir homosexuel, dont Terence Davis se sentit tôt l'otage. L'esprit troublé, il grandit devant ces autels où il entend Satan lui murmurer : "Je finirai bien par t'avoir !” Le voilà tremblant de la colère de Dieu alors qu'il ressent un émoi devant des corps d'hommes, tel Dirk Bogarde dans La Victime.

Plein de chair poétique, littéraire en diable, le texte est enflammé, acéré, ravageur, fervent, superbe, et son emballage musical au diapason, surfant des Hollies aux Spinners, de Mahler à Brahms. Of Time and the City oppose l'opulence de la monarchie aux malheurs du peuple, clame la douleur d'un garçon conditionné à se sentir pécheur. Avec une grandeur verbale qui n'est pas indigne de Shakespeare. » – Le Monde

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Terence Davies

Année

2008

Durée

74 minutes

Date Sortie française

mer, 02/04/2009 - 12:00

Version langue

VOSTF

Détails

Direction photographie

Tim Pollard

Montage

Liza Ryan-Carter

Couleur

Couleur

Distributeur

Jour2Fête

Musique

Ian Neil

Son

Adam Ryan-Carter

Producteur(trice)

Roy Boulter, Sol Papadopoulos

Pays

Grande Bretagne

Le programme 2017

Tout le programme du festival 2017 en PDF

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Of Time and the City

  • Lundi 20 novembre 2017 - 11 h 45

  • Cinéma Jean Eustache
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Of Time and the City

  • Lundi 27 novembre 2017 - 11 h 00

  • Cinéma Jean Eustache
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