Bashing. l'honneur perdu des Japonais :
Ce film de Masahiro Kobayashi diffusé en avant-première est en compétition pour le deuxième prix du film d'Histoire. Il sortira en France en mars 2006.



Yuko Takaï est victime de « harcèlements » (traduction de Bashing en français) dans sa nouvelle vie. Cette jeune Japonaise bénévole en Irak vient d’être libérée d’une prise d’otage contre une rançon. À son retour, elle reçoit des appels anonymes qui touchent toute sa famille…

Bashing, fiction basée sur des faits réels, est une image désespérante du Japon, qui illustre bien le sens de l’honneur des Japonais : les otages sont marqués à vie par la honte. « J’ai l’impression que la société japonaise est un peu malade et cherche à se venger de l’insatisfaction du monde moderne sur les gens les plus faibles. » explique le réalisateur Masahiro Kobayashi. Le spectateur partage l’incompréhension de l’héroïne. Le rythme lent du film contribue à créer une ambiance oppressante.

Le cinéaste préfère utiliser l’allégorie pour que le spectateur s’interroge sur le sens des images, favorisées au détriment du dialogue.

Le personnage principal, Yuko Takaï, emprunte les escaliers de son immeuble pour rentrer chez elle. Répétition invariable de la scène. La montée est de plus en plus lente, ce qui montre l’appréhension du personnage à rejoindre sa famille, reflet d'une société avec laquelle elle prend toujours plus de distance. Les longueurs sont un instrument essentiel de la mise en scène de Masahiro Kobayashi, cependant, sont-elles utiles ?

En lisant le synopsis le public s’attend à voir des images d’Irak lors de la prise d’otage. Mais comme le souligne le cinéaste, « ce n’est pas la dimension politique qui m’intéressait, je n’ai pas fait un film sur la prise d’otage. Et au-delà de son cas, je parle du problème des minorités. Il y a une tendance au Japon à être très méchant vis-à-vis des faibles »

A travers ce film, le cinéaste manifeste son mécontentement vis-à-vis de l’égoïsme des Japonais : «  Quand il s’agit de bénévoles qui aident suite à un tremblement de terre, c’est très bien accepté par la société japonaise. Celle-ci admire les gens qui viennent au secours des sinistrés. En revanche, en ce qui concerne le bénévolat à l’étranger, c’est considéré comme douteux. »

Masahiro Kobayashi exprime ce point de vue à travers les propos de Yuko Takaï : « Se sentir lié à autrui c’est si grave que ça ? », « Je veux vivre avec le sourire des enfants (d’Irak)».

Malgré sa complexité, Bashing reflète parfaitement le désaccord de la société japonaise avec l’aide que le Japon engage dans les crises étrangères.

Bashing, loin du thème du festival de cette année, concerne aussi les Européens, qui ont une vision différente des otages libérés.

Chloé Lopez
Pauline Banchereau
Emilie Douet
Benoit Vignaud

 



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