Marta Meszaros, une intimité européenne
Venue présenter son film L’homme sans sépulture sélectionné pour le prix du film d’histoire, Marta Meszaros nous a accordé une interview : elle nous parle de ses films et de l’Europe de l’Est sous le communisme et de l’implication de l’histoire dans son intimité.

Pourquoi avoir choisi de fonder vos films sur l’histoire de l’Europe de l’Est, et en particulier sur la Hongrie ?

Tout d’abord parce que je suis hongroise. Puis parce que toute ma vie j’ai connu l’Europe coupée en deux par le rideau de fer et dirigée par une dictature communiste. Il y avait deux Allemagne, l’Allemagne « démo-cratique » et l’Allemagne de Bonn, depuis la seconde Guerre Mondiale.
Je trouvais très intéressant de savoir pourquoi c’était comme ça, pourquoi il y avait cette machine de guerre car l’Europe a beaucoup changé depuis la seconde Guerre Mondiale.

 

 

Ma vie était très politisée, bien sûr j’ai parlé de famille, d’amour, et d’enfants mais ma vie a été très prise et très influencée politiquement.

Que vous ont apporté vos films autobiographiques ? (Journal à mes enfants ; Journal intime ; Journal à mes amours)

Ce sont des films qui représentent une partie de ma vie mais qui ne sont pas totalement autobiographiques.
Les Américains font des films pour l’argent, les Français expriment leurs idées, l’espoir, c’est ce que j’ai voulu faire, dire comment était ma vie, ma mère, mon père…
Vous savez j’ai commencé le cinéma à 20 ans, j’ai gagné beaucoup de prix comme à Cannes ou à Berlin, ça m’a permis de traverser le monde avec mes films, et maintenant c’est ce que je recherche, plus que des prix.

Qu’est ce qui vous a poussé à faire le film L’homme sans sépulture ?     

Je trouvais ça intéressant parce que l’on n’en parle pas.
Je connaissais la fille d’Imre Nagy, elle était mon amie, elle voulait que je dise la vérité sur son père, pourquoi il est mort comme ça !

 

Que représente pour vous le fait que L’homme sans sépulture soit sélectionné pour le prix du film d’histoire ?

Oh, vous savez, les prix ça ne m’intéresse plus. Avec ma carrière ce ne sont plus les prix qui m’intéressent. Il y a des films qui ont gagné des prix et qui ont été oubliés, ce qui est important c’est que l’on se souvienne des films.

Que pensez-vous de l’évolution de l’Europe d’aujourd’hui ?

Ce n’est pas une question d’évolution, le monde a changé, on ne doit pas parler de pays mais du monde entier, vous savez la globalisation.
Il y a un contraste entre l’idée vraie et l’argent. Je n’aime pas ça, c’est trop une question d’argent aujourd’hui.

Pour moi, l’Europe doit être unie même si ce ne doit pas être tout de suite. Pas pour votre génération mais peut-être pour celle de vos enfants.

Camille Alegre
Servane Bats
Audrey Lacombe
Jessica Mauhourat
Sophie Windhorst

 



---- Les incroyables succès du festival
L’organisation du festival a été prise de cours face au succès de certains films programmés qui devaient avoir, selon son estimation, une affluence confidentielle. Ainsi Good bye Lenin !, Le voleur de bicyclette, et L’Aveu, des films diffusés à de multiples reprises tant durant les précédentes édition du festival qu’à la télévision ont été littéralement pris d’assaut par les spectateurs.

 

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