Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le tchèque.
La contestation sous l'oppression, ou rires et châtiments, tels ont été les thèmes de la conférence du critique tchèque Petr Kral.

Sous ses allures austères (Keaton !), Petr Kral n’en est pas moins l’auteur d’un ouvrage de référence : Le Burlesque ou Morale de la tarte à la crème.

Bien que le cinéma tchèque existe depuis les années 1920, ce n’est que dans les années 1960 que celui-ci se distingue et suscite un intérêt nouveau à travers toute une série de films réalisés par une génération émergente de cinéastes, « la jeune vague » grâce à « un dégel culturel et politique » : le Printemps de Prague, vaste mouvement d’émancipation politique, culturelle et sociale, qui atteint son apogée en 68.

 

« C’est cette jeune vague qui fait découvrir le cinéma tchèque dans le monde, suite à l’exil de plusieurs de ces jeunes cinéastes », souligne Petr Kral. Conséquence de la répression des troupes du Pacte de Varsovie.

Ces jeunes cinéastes, tels que Vera Chytilova, Jaroslav Papousek, Ivan Passer sans oublier Milos Forman, cherchent à rompre avec la censure exercée par le régime communiste : ils veulent affirmer leur originalité et leur personnalité. « Ce qui les lie, c’est l’indépendance dont ils témoignent par rapport au modèle officiel qu’est le réalisme socialiste. »

Quatre films tchèques sont cette année au programme du festival : L’Oreille, de Karel Kachyna (1969), La Plaisanterie, de Jaromil Jires (1968), Trains étroitement surveillés et Alouettes, Le Fil à la patte, de Jiri Menzel (1969) .

L’humour est l’arme des cinéastes pour dénoncer les abus du régime totalitaire. Ces films, censurés en Tchécoslovaquie, furent peu diffusés dans le reste du monde et demeurent injustement méconnus. Ils offrent pourtant une réflexion pertinente sur l’une des pages importantes de l’histoire de l’Europe de l’Est : l’oppression de l’individu par le régime.

Ces films sont basés sur des scénarios quelquefois sommaires, les acteurs sont amenés à improviser, donnant une dimension parfois absurde, kafkaïenne, de la vie et de la société de l’époque. Témoignage d’un grand désir de liberté et d’émancipation de tout un pays.

Laurent Barradat
Elsa Baysse
Pierre Cazeaux
Baptiste Couvy Duchesne

 



---- Lycéens marseillais à Pessac
Une trentaine d’élèves de première du lycée Les Maristes de Marseille sont venus passer trois jours sur le festival grâce à l’initiative personnelle de leur professeur Judith Rouan, conquise l’an dernier par l’esprit ouvert de la manifestation. Ils ont ainsi pu assister aux projections de plusieurs films et débats. Une première qui mérite d’être saluée.

 

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