Pas d'Europe sans locomotive ?
Jeudi, deux débats successifs et passionnants ont mis en évidence une identité européenne encore floue et de solides relations franco-allemandes qui auraient pu sembler fragilisées par le non français à la constitution européenne.


Elie Barnavi

Dans une salle des débats comble, un public sérieux et attentif assiste à un échange sur l’identité européenne. Jean-Noël Jeanneney, Paul Thibaud, Elie Barnavi et Pierre Chuvin débattent de la question : « Qu’est-ce qu’un Européen ? ». Comme l’explique Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France, professeur à l’université de Tel-Aviv et ancien directeur scientifique du musée de l’Europe à Bruxelles, « l’Europe est partout où il y a des valeurs européennes ». Selon lui, les pays de l’Europe sont liés par une culture et des valeurs similaires : la philosophie des Lumières, l’héritage chrétien et gréco-romain.

 

Mais tous admettent que l’Europe a des difficultés à définir ses frontières malgré ses valeurs et ses héritages communs. Le débat concerne toute l’Europe et l’histoire de sa construction inachevée. La question autour des limites et de l’organisation de l’Europe reste sans réponse à l’issue de ce débat. De plus, un intervenant du public affirme que « les Français ne se considèrent pas assez Européens ». L’Union européenne est cependant dirigée par les deux piliers fondateurs représentés par  la France et l’Allemagne.

Une heure plus tard, à quelques pas de là, le café-débat de la soirée se déroule dans une ambiance passionnée qui devient houleuse avec l’intervention d’un spectateur, qui veut à tout prix faire valoir ses opinions. Matthias Beermann, Stephan Martens, Klaus Wenger, directeur d’Arte Deutschland, et Ruth Zylberman traitent du thème « France-Allemagne : deux mondes solidaires ». Pour eux, l’alliance entre ces pays est la locomotive de l’Europe. Même si la France et l’Allemagne ont eu des difficultés, elles ont toujours réussi à rebondir et à renforcer leurs liens. Les animateurs se demandent si, après le non français à la constitution européenne, ces deux pays sauront s’en sortir.

Durant ce débat, l’actualité a été abordée, comme l’élection d’Angela Merckel et les conséquences possibles sur les relations entre les deux pays. Ces relations sont désormais normalisées. Quant à la nouvelle chancelière, elle devrait permettre une meilleure intégration des petits pays de l’Est. Ruth Zylberman, co-réalisatrice du documentaire France-Allemagne, des ondes parallèles, a ensuite ajouté qu’il serait important d’avoir un « symbole autre que Verdun » pour incarner l’Europe.

Sans l’alliance franco-allemande, l’Europe ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Ruth Zylberman et Serge Moati ont souligné, dans leur documentaire, que les relations entre les deux pays sont très vivantes. Si ce lien venait à se rompre, cela « impliquerait la destruction de l’Union européenne ».
Les nouvelles générations se sentent de plus en plus européennes, ce qui est, pour les animateurs des débats, un beau message d’espoir.

Camille ALEGRE
Servane BATS
Sophie WINDHORST
Jessica MAUHOURAT
Audrey LACOMBE.

 



----La fuite du jury
Le secret devait pourtant être bien gardé, mais, certainement par faiblesse, l'une des membres du jury lycéen du prix du documentaire aurait avouer avoir une préférence pour l'un des films en compétition. Conscients que cette fuite pourrait avoir un retentissement certain au sein de ce jury nous n'avouerons pas qu'elle votera pour Les S.

 

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