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Festizine : Pourquoi avoir décidé de défendre
L'Affaire Dreyfus, 10ans après sa réalisation
?
Christian Brendel : Le Colonel Picquart est le vrai
héros du film, car sans lui, il n'y aurait pas eu d'affaire
Dreyfus. C'est lui qui se bat pour que Dreyfus soit réhabilité.
Bernard-Pierre Donnadieu : Mais il n'y aurait pas eu
besoin de le réhabiliter si il n'y avait pas eu un
mec comme moi pour l'enfoncer. (rires)
Ce n'est pas parce Pessac ce n'est pas Cannes ou Deauville,
qu'on ne vient pas défendre un film qu'on aime et qu'on
ne vient pas accompagner un metteur en scène qu'on
aime. C'est un copain, et on est fier de ce film. Donc c'est
pour ça qu'on vient.
C B : C'était vraiment une belle aventure. Au
bout du compte le résultat était formidable.
On était extrêmement heureux d'avoir fait ce
film là. Et il y avait de vrais enjeux et des personnages
magnifiques. Cette affaire a secoué toutes les familles,
et divisé la France en deux. On s'est retrouvé
dans un film qui alimentait les conversations chez soi. C'est
assez formidable pour des acteurs.
B-P D : C'était un film prévu pour la
télévision. C'est assez amusant de le voir en
salle et de voir les réactions du public.
C B : J'ai le souvenir d'une projection qui m'a particulièrement
ému en présence de la famille Zola et Dreyfus.
Jusqu'alors Dreyfus n'avait jamais été blanchi
mais juste amendé, et l'armée n'avait jamais
reconnu qu'elle avait trafiqué les preuves. Et un siècle
après, grâce à un film, elle a déclaré
publiquement et devant les journalistes qu'elle s'était
trompée. Ce film révise l'Histoire telle qu'elle
a été jusqu'alors acceptée et telle que
probablement des générations d'enfants l'ont
apprise dans les films. (à Donnadieu) Tu dors ?
B-P D : Je t'écoute.
C B : Ca te saoule ce que je dis ? Tu veux que je recommence
? Alors
il y a des aspects sexuels aussi dans le personnage
du capitaine Henri, qui sont non négligeables.
B-P D : Mais attend elles ont des questions
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C B : Ah pardon... Non mais il a une attirance pour
Picquart, enfin c'est comme ça que tu la joues. Et
je trouve ça magnifique de ta part ! (rires)
Festizine : Adolescents, étiez-vous déjà
passionnés de cinéma ?
C B : Écoutez, c'est simple, ma vocation d'acteur
est née quand j'ai vu certains films avec Bernard-Pierre
dedans. Et là j'ai su qu'il fallait faire quelque chose,
c'est pas possible de laisser ce mec-là occuper le
terrain tout seul ! (rires)
B-P D : Je te signale que la meilleure réponse
pour cette question c'est de dire que t'as vu un chien qui
jouait et qui prenait dix mille dollars, et si il est capable
de faire ça, tu peux quand même faire la même
chose. C'est Rintintin. (rires)
C B : Nous c'est une autre époque, avec un dauphin
: Flipper. Si je me dis, si Flipper prend cinquante mille
dollars, il y a pas de raison.
B-P D : Toi t'avais le gabarit.
C B : Alors là évidemment la question
qui se pose, c'es pourquoi est-ce que je ressemble autant
au mec qui a fait Le Grand Bleu. C'est une vrai question qui
se pose. Le dauphin nous amène tout de suite à
cette question fondamentale. Et lorsque J.M Barr a fait Le
Grand Bleu, au bout de la deuxième prise, il a eu un
malaise sous l'eau, c'est donc moi qui ai fait le film, j'étais
sa doublure
(à Donnadieu) Aide moi un peu
(rire collectif)
B-P D : Moi j'ai pas fait la doublure de Jean Reno,
je pouvais pas le savoir, j'étais pas au courant. (éclats
de rire) Cela dit, je témoigne que
j'aime bien
les dauphins. Bon, on répond sérieusement, les
pauvres !
Festizine : Est-ce que vous avez fait des études
dans le cinéma ?
C B : J'étais en prépa HEC, c'était
pas simple. Et j'avais le sentiment que ça pouvait
apporter le plaisir que moi j'avais ressenti en allant voir
des films, c'était une motivation très naïve.
J'avais jamais mis les pieds dans un théâtre,
j'ai pris des cours.
B-P D : Moi, j'avais un peu fait de théâtre
au lycée parce que j'étais interne, et je faisais
partie de ceux qui ne rentraient pas le week-end. J'étais
en pension complète.
C B : Petit déjeuner compris quoi ! (rires)
B-P D : Et il y avait un mec extraordinaire qu'on appelait
Tonton qui
(Arrivée d'Yves Boisset)
Yves Boisset : Je viens surveiller que vous ne les
induisez pas en erreur.
C B : Bonjour Monsieur le maire.
B-P D : Ce mec il avait créé un foyer
socio-éducatif et les internes pouvaient avoir des
activités intéressante et une de ces activités
c'était le groupe de théâtre. J'avais
monté une troupe de théâtre avec mon prof
de Français. Après j'ai loupé mon bac,
c'était l'époque 68, il n'était pas question
qu'on passe notre vie à faire "metro-boulot-dodo".
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Mais les deux métiers que j'aurais voulu faire c'est
ou médecin ou avocat. Je trouve qu'il n'y a rien de
plus beau que de sauver la vie de quelqu'un ou de sauver sa
tête
Mais la seule chose que je savais faire c'était
éventuellement jouer. J'ai fais ça mais je n'avais
aucune vocation. J'ai fais ça pour ne pas faire autre
chose.
Festizine : Et comment vivez-vous le tournage d'un film
?
B-P D : Mais qu'est ce que vous voulez qu'on vous dise
?
Festizine : Ce que vous faites
B-P D : Ben on mange, on fume, on fait comme tout le
monde, sur un plateau ou dans un bureau c'est pareil.
Festizine : Quel moment préférez vous
entre l'écriture du film et sa sortie en salle ?
B-P D : Le moment qu'on préfère ? Le
chèque !
C B : Bernard-Pierre était nul à l'escrime,
je l'ai presque laissé gagner.
B-P D : Mais attends tu permets moi j'ai été
gentil.
C B : On devait répéter, mais Bernard-Pierre
n'était jamais à l'heure et il a eu l'idée
formidable de faire une bagarre de rue. On voulait quelque
chose de pas propre.
B-P D : C'est surtout qu'on avait pas le temps. (rires)
C B : On a fait ça comme deux énergies
qui se rencontraient. C'était pas propre, c'était
brouillon. Ca a vraiment l'air d'une bagarre et de deux personnes
qui font semblant de savoir manier les armes mais à
moins de s'appeler Charlie Chan c'est pas terrible.
(silence)
Y B : Tu voulais dire Jackie ?
C B : Y a pas un Charlie ?
B-P D : On avait dit qu'on ferait une interview sérieuse
Festizine : Vous avez déjà réussi
à faire une interview sérieuse ?
B-P D : Oui, quand on est pas ensemble (rires)
Claire Guillaume - Alice Moisset - Delphine Serra - Justine
Lafond
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