Yves Boisset
Ce Jeudi 25 novembre, à Pessac, Yves Boisset, réalisateur de renommée, ayant mis en scène des acteurs tels que Lino Ventura, ou Michel Piccoli, a présenté son film “Usa, Le Blue des médias”. Il nous a chaleureusement accordé cette interview.

Combien de temps avez vous mis pour réaliser ce film ?
La conception du film a débuté par 5 mois de travail dont des recherches et investigations diverses. La durée du tournage a pris deux fois 10 jours ; ensuite le montage, qui a été la partie la plus intéressante, s’est trouvée d’autre part la plus difficile à réaliser : le pentagone étant opposé au projet, les droits d’archives étaient délibérément élevés à des tarifs prohibitifs. Ce n’était ni plus ni moins qu’une forme de censure.

Avez vous rencontré d’autres formes de censure lors de la réalisation de votre film ?
En effet, l’autre obstacle majeur a été d’accéder aux personnalités représentantes des médias américains : le “coma patriotique” causé par le 11 septembre 2001 a provoqué une certaine auto censure de la part des journalistes américains.

En conséquence, j’ai essuyé une majorité de refus qui m’ont poussé à les rencontrer. Il était bien plus facile en effet, de refuser ma proposition indirectement qu’en personne.

Le film documentaire prend de l’importance dans le cinéma français et international. En quoi pensez vous que “le blues des médias” est différent des films de Michael Moore ?
A cette question, je répondrai assez brutalement : mon film est honnête, je n’en manipule ni les faits, ni les images, et n’utilise pas les moyens du système que je dénonce. Au vu de son tour de taille, Michael Moore est un bien plus gros menteur que Bush. Comme dirait Ghandi : “œil pour œil , et le monde sera très vite aveugle.”

Les médias sont-ils, de nos jours, utiles à la démocratie ?
Oui, pour moi, les médias sont indispensables à la société : je serais d’avis qu’on place des caméras, par exemple dans les cars de police, ou dans les administrations. On observerait des changements de comportement flagrants.

Quel effet cela vous fait-il de présenter “le blues des médias” au festival international du film d’histoire?
Ce film étant au cœur des activités, il était très intéressant d’en observer les réactions à chaud. D’autre part, être confronté aux critiques permet de se rendre compte de la valeur et de la portée de son travail.

Ainsi, on garde un lien avec le public, ce qui est finalement le plus important.

Selon vous, pourquoi “Le blues des médias” a-t-il sa place au festival international du film d’Histoire ?
Le film est une analyse historique du comportement des médias américains pendant certains événements majeurs de l’Histoire des États Unis, à savoir le conflit du Viêt-nam, la guerre du Golfe et la deuxième guerre en Iraq. Cela permet de dégager une leçon applicable aujourd’hui de ces événements passés. Comme on dit souvent, “L’Histoire bégaye”. On peut ainsi l’empécher de “bégayer” trop fort.

Emilie Carpuat - Tom Lacoste - Antoine Sabuco - Aurélie Minvielle

 



Nouveau Festival : nouvelle équipe de Festizine! Cette année, les horizons se sont élargis ! Le groupe est en effet composé de seize élèves des lycées du Sud-Médoc ( Le Taillan) et de Pessac ( Pape Clément ). Nous sommes là pour vous faire partager nos rencontres avec les festivaliers avec quatre rubriques très différentes qui seront multipliées par quatre (le nombre de mise en ligne) ! Nous relevons le défi de jouer les journalistes d’un week-end. Revenez-nous voir souvent sur le web !

Sophie HULOT

 

 

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