Soviet, en avant !

Soviet, en avant !

Soviet, en avant !

Shagay, sovet !

Dziga Vertov

1926

65 min.

VOSTF

Commandé par le Mossoviet, l’administration de Moscou, en vue des élections de 1925, Dziga Vertov se voit confier la réalisation d’un nouveau film de propagande, dans lequel il filme les efforts du peuple russe, sous l’impulsion du Parti Communiste, pour reconstruire la ville, mais aussi l’économie du pays…

 

« Dziga Vertov fut le premier à aborder le cinéma comme un artefact à part entière et non comme une mise en scène théâtrale ou un document historique. « Je suis l’œil du cinéma. Je suis un œil mécanique. Je suis une machine qui montre le monde tel que moi seul peux le voir », clamait-il dans ses premiers manifestes. Pour le pionnier russe, l’efficacité de l’impact du cinéma sur le spectateur ne reposait pas sur le fait que les acteurs interprètent devant la caméra une histoire intéressante, ni sur l’installation de la caméra dans un lieu spécialement choisi – par exemple, un meeting où Lénine devait prendre la parole. Le plus important pour lui, c’était la succession de plans généraux, moyens et grands, le rythme auquel s’enchaînaient les images et l’utilisation d’images passées en accéléré ou au ralenti.
Sous ses ordres (de 1922 à 1925, il a dirigé, de fait, le département des actualités de l’Union cinématographique soviétique, puis Goskino, qui en URSS administrait la production cinématographique et gérait la censure), même les événements officiels étaient filmés depuis des points de vue et sous des angles inattendus : une voiture en mouvement, la cheminée d’une usine, sous les roues d’un train, en caméra cachée…
Par ailleurs, dans les premiers films de Dziga Vertov, le sujet est d’une importance secondaire. Ses films les plus célèbres et les plus radicaux – Kino-Glaz (1924) et L’Homme à la caméra (1929) – sont de vastes fresques cinématographiques que l’on peut résumer en deux phrases courtes : “La vie d’une grande ville” et “L’ancien et le nouveau”. L’effet artistique découle, lui, du parallélisme des images et du rythme conféré par le montage.
Comme tout véritable avant-gardiste, Vertov s’est appuyé, sans s’en rendre compte, sur une tradition ancienne. On trouvait déjà dans les derniers articles du grand écrivain russe Léon Tolstoï, le rejet catégorique des conventions du théâtre classique, mais également l’idée annonciatrice du montage cinématographique : ce n’est pas de la description des personnages intéressants et de leurs péripéties que naît l’art, mais de leur “enchevêtrement”, c’est-à-dire du montage, expliquait cette figure de la littérature russe.
Heureusement, Vertov put éviter le destin tragique que connurent de nombreuses figures de l’avant-garde. Il ne fut ni fusillé, ni déporté. Après une brève histoire d’amour entre le pouvoir soviétique et l’avant-garde artistique, le dirigeant soviétique Joseph Staline opta pour le “style impérial”, qui ne laissait pas de place aux œuvres novatrices de Dziga Vertov.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a réalisé trois films documentaires, et toutes les propositions qu’il fera par la suite seront rejetées. À partir de 1944 et jusqu’à sa mort (1954), il sera réalisateur-monteur du journal télévisé d’actualités Novosti dnia. » – Russia Beyond

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Dziga Vertov

Année

1926

Titre original

Shagay, sovet !

Durée

65 minutes

Date Sortie française

Vendredi 23 juillet 1926

Auteur(s) / Scénario

Dziga Vertov

Format de diffusion

DCP

Thématiques abordées par le film
Communisme
Détails

Direction photographie

Ivan Belyakov

Montage

Dziga Vertov

Couleur

N&B

Production

Goskino

Distributeur

Lobster

Pays

URSS

Critiques

 

Soviet, en avant !

  • Jeudi 22 novembre 2018 - 15 h 40

  • Cinéma Jean Eustache
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