Nos frangins

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Rachid Bouchareb

2022

92 min.

VF

La nuit du 5 au 6 décembre 1986, alors que Paris est secoué par des manifestations estudiantines contre une nouvelle réforme de l’éducation, Malik Oussekine meurt à la suite d’une intervention de la police. Le ministère de l’Intérieur est d’autant plus enclin à étouffer l’affaire, qu’un autre français d’origine algérienne a été tué la même nuit par un officier de police.

Festival de Cannes 2022 – Sélection officielle Cannes Première

« Je fais partie de la génération qui a grandi avec cette histoire. Nous l’avons tous traversée à cette époque, juste après les larges mouvements dont celui de SOS racisme fondé en 1984. Je venais de faire en 1985 mon 1er lm, Bâton rouge, et ce drame est arrivé quelque temps après. Il a embrasé toute la France et a touché beaucoup de monde, des centaines et centaines de milliers de personnes. J’étais parti avec ce mouvement de SOS racisme, et l’espoir qu’on allait changer la société car on y croyait beaucoup. On a d’ailleurs fait avancer les choses. Toute la génération des étudiants de cette époque a été très touchée par ce qui s’est passé cette nuit-là. C’est très émotionnel et ça marque à jamais. A l’époque, on se demandait ce qu’allaient devenir tous ces enfants nés de l’immigration, la place qu’ils allaient avoir dans la société. Le débat de l’intégration a été posé pour la 1ère génération, la 2ème génération, la 3ème génération... On voit bien qu’entre 1985 et aujourd’hui, rien ne bouge vraiment. Tout le mouvement des gilets jaunes avec toutes les violences autour ont contribué à renforcer l’idée de faire un lm sur Malik et Abdel. On est encore dans cette actualité. Sur le sujet de l’immigration et des violences, on y est encore. On pense tout le temps qu’on va passer à une autre étape mais il n’y a pas vraiment de changement. On a le sentiment que rien n’avance. Cela fait 35 ans ! Faut-il plus de temps pour résoudre certains problèmes ?

Pour la scène dans le hall de l’immeuble, il y a en images d’archives le récit du témoin du drame. Ce sont les vraies archives. Je voulais que toutes les images d’archives nous parlent de Malik tout comme on nous parle en parallèle d’Abel sans les archives. Je tenais à ces témoignages et à ce que les archives participent de la narration. Il y a la fiction, ce dont je me suis librement inspiré, et les faits réels, les archives, tout en voulant que cela s’inscrive dans la dynamique du récit. Je voulais aller le plus loin possible avec les archives, sans me limiter à 4 ou 5 minutes, tout en racontant une histoire. Cela a pris du temps à faire des choix et qu’ils trouvent leur place dans le récit. En outre, elles donnent de l’émotion. Les visages des gens, leur colère, leur générosité. Le film mérite de savoir accueillir cela. Il faut avoir confiance dans une population qui se mobilise pour combattre les injustices.

On a de vraies étapes, réelles. On a beaucoup travaillé pour que ces choix et ces moments d’archives s’imbriquent dans le récit. Cela enrichissait le film tout en simplifiant l’histoire. » - Entretien avec Rachid Bouchareb, extrait.

Biographie du réalisateur(rice)

Rachid Bouchareb

Rachid Bouchareb

Réalisateur, scénariste, et producteur français d'origine algérienne, Rachid Bouchareb débute sa carrière comme assistant réalisateur à la télévision, de 1977 à 1984. Durant cette période, il réalise quelques courts métrages. Il réalise son premier long métrage Bâton rouge en 1985. En 1989, il démarre une carrière de producteur de cinéma en s'associant à Jean Bréhat pour créer la maison de production 3B. Rachid Bouchareb réalise ensuite plusieurs long-métrages. En 1995, Poussières de vie est nommé pour l'Oscar du meilleur film étranger. En 2001, Little Senegal est nommé pour l'Ours d'or de Berlin. Tout au long de sa carrière, il n’a cessé de questionner l’histoire à travers les longs-métrages qu’il réalise : Cheb primé en 1991 au Festival de Cannes, Indigènes qui fait l’événement en 2006 et reçoit un prix d’interprétation pour l’ensemble de ses comédiens, ou encore Hors la loi avec lequel il revient en Compétition au Festival de Cannes en 2010. Il tourne ensuite une trilogie américaine composée de Just Like a Woman (2012), La Voie de l’ennemi (2014), Le Flic de Belleville (2018). Il a été nommé Chevalier de la Légion d'honneur en 2007. 

Fiche du film

Réalisateurs(trices)

Rachid Bouchareb

Année

2022

Durée

92 minutes

Date Sortie française

Mercredi 7 décembre 2022

Auteur(s) / Scénario

Kaouther Adimi et Rachid Bouchareb

Format de diffusion

DCP

Détails

Interprètes

Reda Kateb (Mohamed) Lyna Khoudri (Sarah) Raphaël Personnaz (Daniel Mattei) Samir Guesmi (Le père d’Abdel) Lais Salameh (Le frère) Adam Amara (Malik) Wabinle Nabie (Ousmane) Gerard Watkins (Le directeur de l’IGS)

Direction photographie

Guillaume Deffontaines (AFC)

Montage

Guerric Catala

Couleur

Couleur

Coproduction

3B Productions, Le Pacte, Wild Bunch International et France 2 Cinéma

Distributeur

Le Pacte

Musique

Amine Bouhafa

Son

François Boudet, Olivier Walczak et Julien Perez

Costumes

Hyat Luszpinski

Décors

Thomas Ducos et Mathilde Poncet

Producteur(trice)

Rachid Bouchareb

Pays

France

Avec le soutien de

La Région Nouvelle-Aquitaine
Le Département de la Gironde

Critiques

Nos frangins

  • Mardi 15 novembre 2022 - 18 h 40

  • Cinéma Jean Eustache
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