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Science-Fiction, l’âge d’or des années 70par Claude Aziza Claude Aziza, est un professeur honoraire à la Sorbonne- Nouvelle à Paris III. C’est un habitué du Festival de film d’Histoire auquel il participe chaque année, notamment en tant que membre du Jury du Prix du livre d’Histoire du Cinéma. La Science-Fiction est un genre majeur de la cinématographie des années 70. Depuis sa création jusqu’à maintenant, elle a beaucoup évolué et s’est déclinée en plusieurs sous genres, comme la Politique Fiction ou l’Utopie.
Dans les années 50, la Science- Fiction était un genre destiné à la jeunesse. Nous avons hérité de quelques héros qui ont été réadaptés à l’écran. Les héros des comics, comme Spider- Man dans l’Homme Araignée (E.W. Swackhamer, 1977) ou encore Hulk dans la série télévisée L’incroyable Hulk (1977-1982), deviennent ainsi célèbres. Des thèmes, comme le savant fou des années 30, sont repris. Suite à la libération sexuelle et l’apparition des associations féministes, Docteur Jekyll et Mister Hyde a été parodié en Docteur Jekyll and Sister Hyde (Roy Ward Baker, 1971). Il faut noter qu’en Science-Fiction, lorsque la source d’inspiration se tarit, les personnages sont souvent repris et tournés en dérision comme le héros de comics Flash Gordon qui a été parodié en Flesh Gordon, un film de Science-Fiction érotique, par Howard Ziehm en 1974. Les monstres à l’écran Le cinéma influence souvent notre vision des choses, et la Science-Fiction ne fait pas exception à la règle. Ainsi, en 1975, Steven Spielberg réalisa le très célèbre film d’horreur Les dents de la mer qui aura comme curieuse conséquence la désertification des plages américaines. La plupart des gens redoutaient une attaque de requin au moindre mouvement suspect de l’eau ! C’est le développement de la crainte des animaux mutants. Dans les années 1970, des expériences génétiques étaient menées sur des animaux et des insectes. D’ailleurs, les insectes géants étant plus terrifiants que les animaux, ils font de très bons monstres à l’écran. Si les fourmis envahissent la Terre, par leur nombre, elles seront impossibles à repousser car elles sont beaucoup trop organisées. On ne sait rien sur ces monstres, tout ce que l’on sait c’est que deux mondes se sont croisés : le notre et le leur. Mais il n’y a pas que la monstruosité des insectes ni leur nombre qui les rendent si terrifiants à nos yeux. L’origine de cette peur vient de notre inconscient collectif. Dans la Bible, sur les dix plaies dont Dieu frappa l’ Egypte, trois sont des attaques d’insectes et pas des plus sympathiques : moustiques, mouches/taons et sauterelles. Star Wars, la fausse Science-Fiction On ne peut pas parler de Science-Fiction dans les années 70 sans évoquer la trilogie Star Wars réalisé en 1977 par Georges Lucas. La Guerre des étoiles ne reprend que des thèmes classiques comme l’empire maléfique, la princesse et les aventuriers. Certains qualifient cette saga de fausse Science-Fiction. Située dans un avenir fort lointain et dans un univers galactique, on l’a classée parmi les films de Space Opera. Notons que le réalisateur, par ce film dont les héros se rebellent contre leur société, fait référence à la guerre du Vietnam qui venait de se terminer en 1975. Les influences de Star Wars sont riches. Elles vont du bouddhisme aux samouraïs en passant par les héros des mythes grecs et celtiques. Il est aussi facile de voir que « Dark Vador est un avatar de Lucifer », l’ange déchu. Mais c’est une réécriture intéressante de la Légende du Roi Arthur. On peut penser que Luke Skywalker, est à la fois le roi Arthur-car il est l’héritier du trône- et le chevalier Perceval- car il mène une quête sainte. Il est amoureux de Leïa, qui représente Guenièvre. Comme celle-ci, elle lui préfère un autre, Han Solo, qui est donc bien sûr l’incarnation du fougueux Lancelot. Enfin, la figure de Merlin est incarnée par Ben Kenobi et Yoda qui sont chargés d’initier le jeune Luke afin que celui-ci débarrasse le monde des forces du mal et puisse ainsi achever sa quête vers la Force. Star Wars est donc un univers paradoxal par son opposition entre le futurisme du contexte et la Quête Sainte menée par les personnages. La Politique Fiction La nouvelle Science- Fiction suit les tendances de la décennie, elle pénètre le monde de l’espionnage et influence même James Bond, qui se retrouve avec des gadgets tous plus extravagants les uns que les autres. La Politique Fiction et l’hypothèse du complot se développent. Capricorne One de Peter Hyams en est un bon exemple. Ce film a pour thème l’échec d’une mission spatiale officiellement maintenue. Les images de celle-ci sont tournées dans un hangar. Cet échec devient le plus grand secret ainsi que la plus grande supercherie médiatique et politique. Évidement on comprend que ce film est une référence au voyage sur la Lune. Le sous- titre de l’affiche originale est « Seriez-vous choqué si vous appreniez que le plus grand événement de l’Histoire récente ne s’est pas passé du tout ? ». Cela montre que les médias et les politiciens essaient de nous manipuler. On peut donc dire que la Politique Fiction est un genre qui émet une hypothèse sur le régime politique dans l’avenir. Elle suppose que l’on est dépassé par de mystérieux maîtres (extraterrestres ?) qui dirigeraient l’Etat et dont on ignorerait tout. « La vérité est ailleurs » Principalement développée dans les années 1960, on trouve une omniprésence des Martiens qui sont une allégorie des combattants rouges durant la Guerre Froide. Ainsi en 1953, La guerre des mondes de Byron Haskin, tourné durant cette période, montre quel aurait été le résultat sur la Terre si les Etats-Unis et l’URSS avaient ouvert les hostilités. À partir des années 70, cette tendance se calme jusqu’aux années 80 où différentes sortes d’extraterrestres apparaissent à l’écran. On peut voir des visiteurs sympathiques comme la jeune Celeste Martin dans J’ai épousé une extraterrestre (Richard Benjamin, 1988) qui utilise ses «pouvoirs» pour être la parfaite femme au foyer. Steven Spielberg est le créateur de deux films importants sur le sujet. Le premier est Rencontre du troisième type en 1977. C’est une réécriture du passage de l’Ancien Testament où Dieu donne à Moïse les Tables de la Loi. Les extraterrestres qui rencontrent les humains sont donc l’allégorie de la bonne divinité qui veille sur les humains. Le second film est évidement le très célèbre E.T réalisé en 1982. Ici encore, il s’agit d’une réécriture biblique, mais cette fois-ci du Nouveau Testament. Le petit extraterrestre représente le fils de Dieu perdu sur Terre, pourchassé par des humains malveillants et cherchant à rentrer chez lui. À la fin des années 70, le deuxième type d’extraterrestres apparaît avec le film culte Alien de Ridley Scott. C’est une invasion programmée par l’intermédiaire d’un « parasite-foetus » dont on ne sait rien. Cette rencontre est difficile car il n’y a aucune communication : il est l’autre, l’agressif, l’étranger. Lorsque nous avons demandé à Claude Aziza son avis sur le dernier film de Ridley Scott, Prometheus, il a manifesté sa grande déception « On va dire qu’il n’était pas au meilleur de sa forme.» « Les Enfants du Paradis » Le mot Utopie vient de l’Utopia de Thomas Moore. L’Utopie représente les sociétés idéalisées du futur, alors que la Dystopie est le contraire, un futur qui aurait mal tourné. Toutes les Utopies sont en fait des dystopies car « le progrès quel qu’il soit amène non pas un bonheur mais un malheur.» affirme Claude Aziza. En 1980, La Mort en Direct, réalisé par Bertrand Tavernier, nous présente une société future où il n’y aurait aucun malade. Le malade devient une bête curieuse qu’on filme, un monstre de foire. Il s’agit dans ce cas d’une femme qui a une maladie incurable due à un excès de sensibilité. Elle est le symbole de la résistance et de la révolte dans un monde où plus personne ne sent rien. « Ainsi, sentir quelque chose vaut la peine de vivre et de mourir. » Certains scénarios imaginent un monde dans lequel l’État prend des mesures radicales pour ne pas être en surpopulation. Dans Population zéro (Michael Campus, 1971), la natalité est telle que l’État décide l’interdiction de naissance pendant trente ans sous peine mort, au grand désarroi de Carole… Quant au film Les Révoltés de l’an 2000 (Narciso Ibanez Serrador, 1976), il envisage le problème de surpopulation sous un autre angle. Sur une petite île, les enfants, ayant grandi dans « une société d’agression », tuent les adultes qui atteignent l’âge de trente ans. Un couple d’Anglais tente de leur échapper. « Quand l’avenir n’est plus radieux » La Dystopie nous montre des sociétés organisées de telle manière qu’il est impossible d’y être réellement heureux. S’il s’agit du futur, en général, ces sociétés sont aussi confrontées à des problèmes d’écologie et d’économie comme dans le Soleil Vert de Richard Fleischer. La société dépeinte dans ce film vit dans un monde caniculaire éternel où la Terre, calcinée, n’est plus fertile. La nourriture naturelle est rare et trop chère pour la majorité de la population. Ils doivent donc se contenter de nourriture synthétique: le Soleil Vert, produit par la multinationale «Soylent». Mais, les citoyens, de plus en plus affamés car même le Soleil Vert se fait rare, se révoltent dans cette société où les hommes vivent entassés et résignés à mourir. Suite au meurtre d’un des directeurs de «Soylent», un homme tente de percer le mystère du Soleil Vert. Trois ans plus tôt, en 1970, Corneil Wilde présentait un autre scénario catastrophe, Terre Brûlée. À cette époque la pollution était telle que si les Hommes avaient continué ainsi, ils seraient parvenus à un point de non retour. C’est ce qui se passe dans ce film, qui se déroule dans un monde où la Terre, souillée par la pollution et les déchets, est devenue presque entièrement stérile. La population, affamée, est livrée au chaos. Un groupe de civils tente alors de se réfugier dans un endroit isolé afin de pouvoir se défendre contre la barbarie des hommes. Cependant, l’histoire la plus célèbre- surtout grâce à son remake de 2007 I am a legend, est Le Survivant de Charlton Heston réalisé en 1971. Suite à une guerre bactériologique entre l’Union Soviétique et la Chine provoquant une épidémie, la population s’est transformée en créature albinos noctambule proche du vampire. Un homme, immunisé, devient l’être minoritaire, le monstre à abattre car c’est la majorité qui fait la normalité. C’est donc dans un monde hostile où seuls la technologie et le jour peuvent le maintenir en sécurité que ce survivant doit lutter pour soigner l’humanité. Un jour les êtres humains seront dépassés par une race supérieure qui les remplacera THX 1138 est le premier film de George Lucas. On peut y voir une société souterraine où l’Homme, drogué par des pilules, est mentalement contrôlé par des robots. Tels des machines, les êtres humains n’ont plus de noms mais se désignent tous sous un code de lettres et de chiffres et ont l’interdiction de faire l’amour. Cependant, un jour, un couple enfreint les règles. Un autre des thèmes récurrents de ces années là est la domination de l’homme par le singe. Tout commence avec le roman éponyme de Pierre Boulle en 1963. Dans cette histoire, des hommes découvrent une planète semblable à le Terre où les Hommes sont des animaux sauvages et les Singes la race dominante. Pour cela, il s’est inspiré des thèses de Darwin. La première adaptation de ce roman est La Planète des singes de Franklin J.Schaffner en 1968 qui rend également un hommage à Darwin avec la statue du Dieu Singe. Le message du film est qu’un jour le singe évoluera, surtout si on l’éduque et pourrait très bien supplanter l’homme sur Terre. Cela dénonce le narcissisme de notre société qui se croit éternelle et invincible. Hommage à Jacques Goimard Cette conférence a été pour Claude Aziza le moyen de rendre hommage au critique de Science-Fiction Jacques Goimard, décédé le 25 octobre 2012. Il avait écrit avec lui l‘Encyclopédie de poche de la Science-Fiction : Guide de lecture et l’Encylopédie de la science-fiction : Le livre pédagogique. De son vivant, cet homme a dirigé l’une des plus grandes productions de Science-Fiction. La Science-Fiction est une mise en garde de ce qui pourrait se produire. Si les manipulations génétiques dérapaient ? L’État nous dit-il tout ? Une rencontre avec des êtres intergalactiques serait elle une bonne chose ? Comment le monde va-t-il gérer la surpopulation et les problèmes écologiques ? Autant de questions et de mystères auxquels la Science-Fiction tente de répondre.
Axelle Ballanger – Chelsea Castillon – Laure Ferec – Dorian Fescaux
Le Yes we can’t des Etats-Unis dans les années 70Mais où était passé tout le prestige des États-Unis ? Après avoir été le symbole de la réussite et de l’hyperpuissance dans les années 60, le pays s’est vu victime de ses propres contradictions. Entre une guerre inutile au Vietnam, des négociations bancales de paix, des espionnages politiques illégaux, les États-Unis se décrédibilisent dans la décennie 70. C’est ce dont nous a parlé Jacques Portes lors de sa conférence Vietnam et Watergate, le mythe américain ébranlé. Dans un contexte de Guerre Froide, l’Amérique lance une lutte d’idéologies en Indochine. Avec comme seul but d’éradiquer le communisme au Vietnam, cette guerre est mal organisée et contradictoire. Vaincues, les troupes américaines quittent le Vietnam mais les USA lancent pourtant de nouvelles missions militaires au Cambodge et ravivent ainsi de nouveaux combats. Après cinq années de négociation de paix et un accord de cessez-le-feu signé en 1973, la population américaine se trouve déchirée et en désaccord avec la politique de Nixon. Pourtant, la chute de sa popularité ne s’arrêtera pas là car l’affaire du Watergate va bientôt éclater. Le Président américain, en 1972, emploie clandestinement les plombiers de la Maison Blanche pour espionner la campagne politique démocrate dans le bâtiment qui donnera son nom à l’affaire. Une double enquête est lancée par la Justice et les journalistes sur ce mystérieux cambriolage dont on ne connaît pas encore l’auteur. L’affaire est occultée par la guerre du Vietnam et prend toute son ampleur lorsqu’on découvre que la Maison Blanche est impliquée. Nixon est alors désigné comme le premier responsable et est contraint de démissionner pour éviter la procédure d‘impeachment . C’est avec détails et humour que Jacques Portes nous a expliqué les enjeux de ces deux affaires. Mais, la conférence s’apparentait plus à un cours magistral et manquait peut-être d’interactivité. En revanche, la séance de questions fut plus vivante et animée.
Avec la présidence de Barack Obama, nous sommes bien loin des années Nixon. Il a su redonner tout son crédit à l’action politique sur la scène nationale et internationale.
Mélissa Ba – Camille Dejan – Aline Gubri
La colorisation des images d’archives : Débat qui fait débat.Faut-il mettre les archives au goût du jour? Cette question était abordée vendredi 23 novembre dans la salle Jacques Tati, judicieusement choisie pour ses fauteuils colorés, et pour le travail de colorisation artistique du réalisateur, notamment dans Jour de Fête. Modéré par le journaliste de Télérama François Ekchajzer, ce débat réunissait Patricia Boutinard-Rouelle – productrice et créatrice de Nilaya Prod , Dana Hastier – directrice de l’unité documentaire à France 3, Sylvie Lindeperg- historienne, ainsi que Patrick Jeudy et Yves Jeuland, cinéastes documentaristes. La colorisation est-elle un acte de création artistique ou une simple question d’audience? Très vite, apparaît une divergence d’intérêts entre créateurs et diffuseurs. Quand certains mettent l’accent sur l’authenticité et la création artistique, d’autres voient les choses d’un point de vue plus financier et stratégique. Il faut savoir qu’on ne restitue pas les couleurs, on les ajoute. Le côté artistique a été illustré par le générique du film d’Yves Jeuland, « Comme un juif en France », où les images ont été volontairement colorées avec un jaune vif qui se balade sur l’écran représentant la gaieté, l’étoile : les couleurs deviennent symboliques. Pour défendre la colorisation, Patricia Boutinard-Rouelle et Dana Hastier mettent en avant l’argument de l’audience. La colorisation assure une certaine proximité avec le présent. Pour elles, le jeune public est plus sensible aux images colorées et la diffusion d’un film colorisé en première partie de soirée rassemble un plus grand nombre de télespectateurs. D’où l’ exemple type, utilisé de façon récurrente lors du débat, du documentaire à succès « Apocalypse« , avec un audimat de plus de 9 millions de téléspectateurs. Mais Yves Jeuland répond que l’image en noir et blanc suggère moins mais suscite une réflexion plus profonde. De plus, un autre problème se pose, celui de la temporalité : on ne sait plus de quelle époque date l’image d’archive, il y a une sorte de trahison par rapport à l’histoire. Sylvie Lindeperg explique que la colorisation fait perdre aux images leur authenticité. Aucune différenciation n’est possible entre archives personnelles et archives officielles. L’uniformité du montage par la colorisation empêche la distinction et le contraste des sources. Nous avons trouvé le débat vif, houleux et riche en désaccords. Malgré le propos intéressant, chacun est resté sur ses positions par manque de communication, sans compromis possible. Nous déplorons le manque de respect de certaines personnes vis à vis de l’auditoire et des autres intervenants même si l’humour subtil de Patrick Jeudy et le film d’animation d’Yves Jeuland sur l’évolution du recadrage-c’est-à-dire le passage du format 4:3 au format 16:9- ont détendu l’atmosphère. Voici, néanmoins,un débat de deux heures qui n’a provoqué que révolte et déception du public.
Océane Cartigny – Léa Meridda – Sébastien Milon
Les putschs, un « devoir » pour l’armée chilienneMardi 20 novembre, 17h, nous entrons dans la salle du débat sur les dictatures en Amérique Latine. Les invités, Gilles Bataillon -directeur d’étude à l’EHESS-, Olivier Compagnon -maître de conférence à l’Institut des Hautes Etudes d’Amérique Latine- et Patricio Guzmán -réalisateur de Salvador Allende, diffusé juste avant le débat et de La Bataille du Chili- sont reçus par Héloïse Kolebka, rédactrice en chef adjointe de l’Histoire et animatrice du débat axé sur les dictatures et types de pouvoir en Amérique Latine dans les années 70.
![]() Gilles Bataillon -directeur d'étude à l'EHESS-, Olivier Compagnon -maître de conférence à l'Institut des Hautes Etudes d'Amérique Latine- Patricio Guzmán -réalisateur de Salvador Allende et Héloïse Kolebka, rédactrice en chef adjointe de l'Histoire et animatrice. En 1970 Allende arrive au pouvoir, après des élections démocratiques. L’ambiance était alors festive car la population appréciait le président, au moins jusqu’en 1972, année marquée par des tensions de plus en plus fortes entre la droite et la gauche au Chili. Allende, qui était socialiste, représentait pour les Etats-Unis une menace pendant cette période de Guerre Froide. Le 11 septembre 1973, il est tué pendant le coup d’état mené par le général Pinochet, à la suite duquel le putschiste prend le pouvoir. Après la diffusion d’un court film de l’INA où le général Pinochet, dirigeant du Chili à l’époque, exprime sa « peur » du communisme, Patricio Guzmán décrit à l’auditoire l’atmosphère régnant au Chili lors du tournage de son documentaire sur Allende, plutôt joviale avant que les tensions sociales n’apparaissent. Puis, Olivier Compagnon et Gilles Bataillon rappellent le contexte d’opposition politique en Amérique Latine et plus précisément au Chili dans les années 70.
Pour nous ce débat n’en était pas vraiment un, mais plutôt une discussion autour du thème proposé. Lorsque Patricio Guzman évoque son expérience, il plonge l’assistance dans son histoire, en décrivant les faits avec précision et lui fait ressentir ses émotions: la peur à la vue des chars envahissant Santiago, les soldats perquisitionnant les maisons, et sa fuite soudaine à Madrid pour échapper au régime… Olivier Compagnon et Gilles Bataillon ont rappelé que les putschs étaient perçus comme un « devoir » par l’armée lorsque cette dernière considérait le pays en danger. Instaurer une dictature n’était pas le but recherché, mais un palier vers une transition démocratique. Dans les faits pourtant, cette transition n’est pas souvent réalisée et lorsque l’armée est au pouvoir, elle y reste, comme ce fut le cas au Chili avec Pinochet, qui a dirigé le pays pendant 17 ans. Ce débat nous a permis de découvrir une partie de l’Histoire qui nous était étrangère jusque-là. Au Chili de nos jours, beaucoup de gens ignorent encore la réalité de ces événements à cause d’une censure toujours présente.
Simon Barral – Sarah Cheung – Maeva Tracqui – Marjorie Seignier
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