Les Pieds-noirs, histoires d’une blessureFiches Film, Guerre d'Algérie, indépendances de la Tunisie, du Maroc, La Fin Des Colonies postée le 22 jui 2010Réalisé par Gilles Perez Production Treize au Sud Synopsis : Juillet 1962 : les massacres d’Oran sonnent la fin de tout espoir pour les « Européens d’Algérie » et entraînent l’exil de plus d’un million de personnes, contraintes d’abandonner leur maison et leur pays, l’Algérie. Le récit de ces « Pieds Noirs », de leurs enfants, de leur vie d’avant, « de l’autre côté », égarée à jamais. Comment cerner cette population, issue d’une immigration puisant sa source dans les pays du bassin méditerranéen – Malte, Italie, Espagne -, et de France, dès les années 1830 ? Les Pieds Noirs racontent leurs ancêtres, fuyant la misère et quittant une famille qui ne peut subvenir à leurs besoins ; ou débarquant de force en Algérie, au gré des crises révolutionnaires, des déportations politiques et des guerres. Ils parlent d’une communauté se formant peu à peu, structurée par la langue et le sentiment partagé d’une France idéalisée. Pour la plupart, la vie là-bas est modeste. Mais les souvenirs d’une vie familiale intense, rythmée par les moments de retrouvailles autour de repas, de la plage, de dimanches à la campagne, ou de ces jeux d’enfants partagés dans les rues et d’une certaine entraide valent plus que tout. Suffisamment pour regretter amèrement ce qu’ils ont perdu, la perte d’une vie peut-être idéalisée, mais surtout leurs racines, le pays où ils sont nés. Malgré la dégradation de la situation en Algérie, les attentats, la guerre, la « trahison » du Général de Gaulle, malgré les accords d’Evian en mars 1962, les Pieds Noirs ne veulent quitter cette terre, veulent croire qu’ils pourront continuer d’y vivre. Des proches meurent, assassinés. L’angoisse s’installe le soir, quand un père n’est pas rentré. A la terreur du FLN répond celle de l’OAS. Puis la situation se dégrade : l’armée tire sur la population française à Bab el Oued, faisant cinquante morts. Le FLN débute ses enlèvements massifs, faisant disparaître plus de 3 000 personnes. Il n’y a dès lors plus d’espoir. La « chasse à l’Européen » menée à Oran le 5 juillet 1962 entraîne le départ définitif d’une population écœurée, abandonnée par les troupes françaises. Les Pieds Noirs quittent en quelques heures le sol algérien, se retrouvent en France, souvent humiliés et victimes de la méfiance des métropolitains. Pour beaucoup de ces familles arrachées à leur terre, dispersées, c’est le début de quarante années de silence sur les drames qu’elles ont vécues. Gilles Perez Parmi ses principales réalisations documentaires : |